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Raymond Aron et l’Europe

Itinéraire d’un Européen dans le siècle

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Olivier de Lapparent

L’engagement européen de Raymond Aron est méconnu. Au mieux, on entrevoit qu’il rejette dos à dos Monnet et De Gaulle, preuve de son euroscepticisme supposé. Au pire, on le considère comme le chantre d’un atlantisme forcené où l’Europe est assujettie aux Etats-Unis. La question ne se règle pas aussi facilement. Il s’agit d’étudier l’itinéraire européen d’Aron tout au long de ses actions de militant et de ses écrits, dès ses premiers articles au début des années trente jusqu’à ses derniers éditoriaux en octobre 1983. Comment a-t-il pensé l’Europe à travers ses livres, articles, cours et conférences ? Quel Européen se bat pour quelle forme d’Europe ? Croit-il en une identité européenne spécifique ?
En abordant des thèmes récurrents dans les travaux d’Aron, comme le devoir de responsabilité de l’intellectuel, la question du déterminisme historique, la dénonciation de l’idéologie et de ses dangers, la lutte contre le totalitarisme, l’analyse des relations internationales et la problématique de l’hypothétique crise ou décadence de la civilisation occidentale, ce livre a pour ambition d’éclairer par un prisme original – l’Europe – la figure d’un des plus grands intellectuels français du XX e siècle.

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Chapitre VIII La fin du mythe européen? 107

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Chapitre VIII La fin du mythe européen? Le 6 décembre 1978, Jacques Chirac lance «l’appel de Cochin» où il dénonce, entre autres, «le parti de l’étranger» qui conduirait la France au déclin, tant économique que politique. Aron1 s’attache à réfuter un à un les arguments et les prévisions de Jacques Chirac et affirme que l’Europe n’est pas l’ennemi de la France et son fossoyeur hypothé- tique. Si le suffrage universel à l’Assemblée européenne risque de plonger la France dans une campagne électorale où le gouvernement en sortira affaibli (par l’alliance des communistes et du RPR contre la Communauté européenne), cette initiative «ne justifie d’aucune ma- nière le déchaînement des passions2» et cette Assemblée ne portera pas tort à l’indépendance du pays. La construction européenne et ses institutions ne représentent pas un danger: «L’élargissement du Mar- ché commun élimine «le danger» de la supranationalité, même si l’Assemblée élue, s’efforce – ce qui est en effet probable – d’accroître son autorité. La résistance de la France sera renforcée par celle du Royaume-Uni3». Le «SME ne constitue pas davantage une menace pour l’indépendance nationale4», car conforme aux préférences des différents gouvernements français. Aron n’hésite pas à mettre sur le même plan Jacques Chirac, les socialistes et les communistes: «Les discours de Jacques Chirac appar- tiennent au même genre que ceux des socialistes et des communistes: 1 Raymond Aron,...

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