Show Less

Interpréter les temps verbaux

Series:

Edited By Nelly Flaux, Dejan Stosic and Co Vet

N’arrose pas ton jardin. Dans une heure, il a plu. Cet énoncé, à la fois naturel et paradoxal, montre bien à quel point la description des temps verbaux relève souvent de la gageure: au linguiste, ici, d’expliquer ce qui permet d’utiliser le passé composé pour exprimer un fait du futur. Au linguiste aussi de démêler l’inextricable, chaque forme verbale étant prise dans un réseau de contraintes temporelles, aspectuelles et contextuelles ; d’expliquer les différences entre les systèmes des temps verbaux d’une langue à l’autre ou d’une même langue au cours de son évolution. Cette complexité empirique a forcément des conséquences sur les choix méthodologiques et théoriques à effectuer. Plus un fait de langue est riche et complexe, plus la nécessité de proposer et d’opposer les approches différentes s’impose. Un des objectifs de ce volume est précisément de permettre la confrontation de plusieurs cadres théoriques et de fournir l’occasion d’évaluer leur caractère opératoire sur un certain nombre de données particulièrement récalcitrantes.
Quelques-uns des plus grands spécialistes de la sémantique de la temporalité relèvent, dans ce recueil, certains des défis lancés par la description des temps verbaux de plusieurs langues européennes.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Laurent Gosselin Les relations entre périphrases aspectuelles et conjugaisons en français 33

Extract

Les relations entre périphrases aspectuelles et conjugaisons en français Laurent GOSSELIN, Université de Rouen, LIDIFRA EA 4305 1. Introduction En linguistique française, les relations entre périphrases aspectuelles et con- jugaisons sont classiquement abordées par le biais de deux questions liées: – comment définir et délimiter la classe des périphrases verbales? – les périphrases aspectuelles appartiennent-elles, en totalité ou en partie, au système verbal? On considère habituellement qu’on a affaire à une périphrase verbale lors- qu’une séquence du type [Vfini (prep) Vnon fini], autrement dit: (verbe conjugué + (prep) + infinitif ou participe) est interprétée comme [AUX (prep) Vnon fini], soit (auxiliaire au sens large (auxiliaire ou semi-auxiliaire) + (prep) + infinitif ou participe). Dans les grammaires, la première question revient donc à essayer de définir / délimiter la classe des AUX (auxiliaires au sens large). Pour donner tout de suite un aperçu de cette classe, citons Wilmet (1996, § 399): On retiendrait au minimum: - avoir/être + participe [...] - aller, venir/sortir de + infinitif [...] - devoir, pouvoir, savoir + infinitif ... - les non prépositionnels faillir [...], avoir beau, ne faire que + infinitif; les prépositionnels achever de, arrêter de, cesser de, continuer de, être en passe/voie/train//près de/sur le point de, finir de, manquer de, ne faire que de, ne pas laisser de, avoir à, commencer à, continuer à, être oc- cupé à, hésiter à, persévérer à, persister à, rester à, s’apprêter à, s’attarder à, s’aventurer à, se ha-...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.