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La parole de l’autre

L’écriture de Dino Buzzati à l’épreuve de la traduction

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Cristina Vignali

Le style de Dino Buzzati est-il, comme l’a considéré longtemps la critique, linéaire, sans effets, trop journalistique ? Son apparente simplicité est-elle manque d’épaisseur, de relief ? Par l’analyse minutieuse d’un large corpus d’œuvres buzzatiennes et de leurs traductions françaises respectives, embrassant toute la production romanesque de l’écrivain et la plupart de ses recueils de nouvelles, l’auteur de cette étude montre au contraire toute la subtilité de l’écriture d’un des grands prosateurs italiens du XX ème siècle. Les résultats de cette enquête mettent en lumière des mécanismes stylistiques insoupçonnés dans la création des atmosphères de mystère, de vague inquiétude ou de tourment qui caractérisent l’œuvre de Buzzati. L’envoûtement des hauteurs dans Bàrnabo delle montagne, le charme hypnotique du Deserto dei Tartari ou les affres de la passion dans Un amore apparaissent alors sous un jour nouveau.

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Préface - XI

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Préface D’innombrables ouvrages critiques ont été consacrés à l’œuvre de l’écri- vain Dino Buzzati depuis la publication en 1940 du Désert des Tar- tares, l’un des romans majeurs de la littérature du XXe siècle. La cri- tique italienne ne fut pas tendre à l’égard de cet auteur inclassable (et donc suspect) qui n’entra jamais dans aucun « moule littéraire ». Au moment où le néoréalisme triomphait en Italie, Buzzati se per- mettait d’écrire un conte pour enfants (La fameuse invasion de la Sicile par les ours, 1945) montrant par là que les modes littéraires ne le con- ditionnaient pas. D’ailleurs, l’écrivain avait écrit auparavant deux courts romans dont les « héros » étaient un garde forestier anonyme renié par la société (Bàrnabo des montagnes, 1933) et un enfant persécuté par son vieil oncle pour une histoire d’héritage (Le secret du Bosco Vecchio, 1935). Comment pardonner à ce journaliste-écrivain milanais de la bonne société son désintérêt pour la politique à un moment où l’Italie tout entière ployait sous le joug fasciste et finissait par se rebeller ? La cri- tique, particulièrement celle d’obédience marxiste, au mieux ignora et souvent éreinta ses écrits. Buzzati, en réalité, se situait ailleurs, dans le monde qu’il s’était créé au fur et à mesure où sa plume de journaliste-écrivain s’affutait et où sa thématique littéraire se faisait plus prégnante. Bien sûr, en...

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