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Les bonnes raisons des émotions

Principes et méthode pour l’étude du discours "émotionné</I>

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Christian Plantin

Cet ouvrage met en cause la dichotomie régnante « raison contre émotion », élément fondamental d’un prêt-à-penser qui règne sur les études d’argumentation et qu’on retrouve parfois dans les études du discours. Cette opposition fait obstacle à l’observation et à l’analyse du jeu des émotions parlées et écrites, et engage les études sur l’argumentation ordinaire dans l’impasse d’un langage « an-émotif », quasi pathologique.
Mettant en jeu des valeurs qui expriment les intérêts et fondent l’identité des locuteurs, les situations argumentatives sont profondément émotionnantes. Ce livre propose une approche holiste, et non psychologique, de l’émotion, vue non pas comme une Réponse passive à une situation Stimulus, mais comme une activité signifiante, formatant le discours et la situation de parole. Sous la notion de construction argumentative des émotions, il défend la thèse de l’inséparabilité des raisons et des émotions dans les discours argumentatifs ordinaires.

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Etude 1 – La rage impuissante: Maudire le gouvernement - 197

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Etude 1 La rage impuissante: Maudire le gouvernement Les courriers des lecteurs des journaux et revues, ainsi que les réactions aux articles en ligne sur leurs sites, sont particulièrement riches en manifesta- tions d’émotions. La lettre qui suit, publiée dans le revue Télérama, est une variation sur le thème “Honte à la France”. Elle concerne Paolo Persichetti, «ancien militant de l’Union des communistes combattants, [qui] a été condamné par un tribunal italien à dix-sept ans de prison pour “complicité” dans l’assassinat du général Lucio Giorgeri, en 1987, accusation qu’il a toujours rejetée»115. A la suite de cette condamnation, Persichetti s’était réfugié en France, de 1991 jusqu’en 2002, où il a été extradé vers l’Italie. Goût amer Honte pour la France, honte de la France qui revient sur la parole donnée. L’extradition à la sauvette de Persichetti, un dimanche matin d’août, laisse un goût amer dans la bouche. Un “terroriste” condamné à vingt-deux ans de prison pour complicité morale à des attentats, un “clandestin” vivant depuis des années en France au grand jour, ensei- gnant dans une université, rémunéré par l’Etat français, a été livré à la “justice de son pays”. Nos ministres savent-ils que ceux qui, voulant prouver leur bonne foi, comme Toni Negri et d’autres, sont retournés en Italie de leur plein gré attendent depuis des années, en prison, un procès équitable? Oh oui, ils le savent certainement, mais la collaboration...

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