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Les jeux de la création et de la réception dans le roman mosaïque

Lecture de "Sefarad</I> d’Antonio Muñoz Molina

Christine Pérès

Publié en 2001, le roman de l’académicien espagnol Antonio Muñoz Molina, Sefarad, se distingue de ses autres textes romanesques par son écriture fragmentaire. Comme l’indique d’entrée de jeu le sous-titre énigmatique, Una novela de novelas, il se décline en dix-sept récits, affichant ouvertement la tension entre la partie et le tout qui le caractérise. Cette étude se propose d’analyser le dispositif textuel complexe et original mis en place par le romancier, en prenant appui sur les théories de la réception qui se sont développées dans la lignée des travaux de l’Ecole de Constance.

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Première partie: Une esthétique du fragment - 23

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Première partie Une esthétique du fragment Si l’on compare ce roman avec le premier, Beatus ille1, publié en 1986, on ne peut qu’être frappé par la simplification de la forme et de la trame de Sefarad, visiblement destinée à favoriser une bonne compréhension du texte. Alors que, dès l’incipit de Beatus ille, le lecteur est perdu et doit attendre de parcourir une cinquantaine de pages pour commencer à voir s’organiser la structure romanesque, Sefarad est d’un abord nette- ment plus aisé. Point n’est besoin, lors de la première lecture de recom- poser une trame: on passe aisément d’une histoire à l’autre, sans être obligé, à l’intérieur de chaque texte, de recomposer, au fil de la lecture, la chronologie d’une diégèse déconstruite en un récit complexe. A pre- mière vue, la clarté de ces dix-sept petits récits fait de Sefarad un texte lisse. Mais, comme le rappelle Bertrand Gervais, les textes vraiment lisses sont rares, et surtout inintéressants. L’intérêt d’un texte – constate le critique – naît finalement d’un déficit de compréhension, qui requiert à son tour une lecture seconde, associée à une meilleure compréhension2. Or, dans le cas qui nous occupe, chaque récit qui compose le roman est aisément compréhensible et immédiatement appréhensible comme unité tandis que l’ensemble ne l’est pas, à première vue, s’affichant plutôt comme un assemblage composite. Comme l’ont fait remarquer bon nombre de critiques, la...

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