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Les Réécrivains

Enjeux transtextuels dans la littérature moderne d’expression française

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Edited By Patrick Bergeron and Marie Carrière

Pratique constante et rPratique constante et récurrente de la création littéraire et, plus généralement, culturelle, la réécriture a, paradoxalement, été peu étudiée en tant que phénomène autonome. Gérard Genette, avec Palimpsestes (1982), est l’un des rares théoriciens contemporains à s’être spécifiquement penché sur les variétés et les fonctionnements des relations transtextuelles que peut entretenir un texte.
Cet ouvrage se propose de cerner les enjeux critiques suscités par les œuvres littéraires dès lors qu’elles s’élaborent comme de nouvelles versions d’œuvres, de mythes ou de discours préexistants. Une perspective ouverte, élargie à une diversité d’auteurs francophones, d’époques variées, offre une contribution significative et novatrice au champ des études littéraires actuelles, tout en faisant le lien entre les théories genettiennes, d’autres méthodologies et les œuvres des écrivains. C’est donc sous l’appellation de « réécrivains » que ce livre propose de réunir un certain nombre d’auteurs francophones chez qui la pratique de la réécriture joue, momentanément ou itérativement, un rôle décisif qu’il est instructif d’élucider.

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Patrick BERGERON et Marie CARRIÈRE: Introduction – « Ecrire, c’est réécrire » 1

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Introduction Ecrire, c’est réécrire Patrick BERGERON Université du Nouveau-Brunswick Marie CARRIÈRE Université de l’Alberta [E]crire […], c’est toujours d’abord récrire, et récrire ne renvoie à aucune écriture préalable, pas plus qu’à une antériorité de parole ou de pré- sence ou de signification. (Blanchot 48) La notion de réécriture désigne un procédé tout à fait intégré à la créa- tion dans la plupart des domaines artistiques, à l’exception – notable – de la littérature. Non seulement un écrivain n’endosse que très rarement de son plein gré l’étiquette de « réécrivain », mais il craint d’ordinaire, entre toutes les réputations, d’acquérir celle de plagiaire, de pasticheur, de servile épigone, bref, de paraître dépourvu d’originalité, de style, voire d’une œuvre tout à fait à lui. On n’a qu’à rappeler les remous suscités par Susan Sontag après qu’elle eut publié son roman In America (1999), inspiré de la vie de l’actrice Helena Modjeska. Sontag avait incorporé à son roman, sans les identifier formellement, divers pas- sages, parfois littéraux, tirés de la documentation qu’elle avait consul- tée au sujet de la légendaire immigrante polonaise. Plus récemment, Michel Houellebecq a (encore une fois) suscité la polémique avec son roman La carte et le territoire (2010), sous prétexte que plusieurs pas- sages auraient été recopiés de Wikipédia. « Plagiat ou effet de style ? », se demande Vincent Glad. Les règles de la fiction auraient-elles changé ? Convenons qu’à l’heure...

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