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La Migrance à l’œuvre

Repérages esthétiques, éthiques et politiques

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Michael Brophy and Mary Gallagher

A l’heure d’une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu’il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd’hui, par-delà l’opposition de l’étranger et de l’indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d’appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous.
Ce recueil d’essais se propose de cerner dans des œuvres de factures et d’origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l’épreuve des identités, tension vers l’autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d’approches, il joint à l’appréciation esthétique l’interrogation de la teneur éthique et politique de l’œuvre – des conditions de sa genèse et de sa production jusqu’à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d’échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l’ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels œuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l’humain et de ses possibles futurs.

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Daniel MARCHEIX: De l’expérience de l’ailleurs et de l’Autre à l’ajustement éthique de la présence dans La Gare de Sergio Kokis 79

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De l’expérience de l’ailleurs et de l’Autre à l’ajustement éthique de la présence dans La Gare de Sergio Kokis Daniel MARCHEIX Université de Limoges Migrer à n’en pas douter est une tragédie, mais c’est aussi un salut. Il faut essayer de faire avec ces deux versants, et l’on se trompe soi-même si on en oublie un. J’ai forgé le mot migrance pour indiquer que la migration est une douleur, une souf- france (la perte des racines, d’une certaine «naturalité») et, en même temps, une posture de distance, un lieu de vigilance. Je vois très bien les pertes que cette situa- tion inflige: le bain utérin, la langue maternelle, le sol, l’éclatement de l’identité, mais dans le même temps, il y a une contrepartie à cette violence et à cette brutalité, celle d’une individualité polyphonique, celle de naître à un univers décloisonné qui est irisation, rhizome, foisonnement, bourgeonnement de vie et de liberté1. C’est par ces mots qu’Emile Ollivier évoque la naissance du terme «mi- grance» qui, absent du Trésor de la langue française, constitue un doublet néologique de «migration» dont il se démarque par une composition sé- mique très sensiblement différente, mettant l’accent moins sur le phéno- mène que sur la manière de le concevoir, même si la nouveauté du regard n’est pas sans conséquence sur la réalité de la chose. Quoi qu’il en soit, le mot «migrance», tel qu’il...

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