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La Migrance à l’œuvre

Repérages esthétiques, éthiques et politiques

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Michael Brophy and Mary Gallagher

A l’heure d’une recomposition radicale et accélérée des espaces géoculturels et géopolitiques, un art de faire qui participe de la migrance et en éclaire les multiples enjeux engendre de nouvelles pratiques et configurations esthétiques qui bousculent moules et canons. Qu’il soit littéraire, plastique, cinématographique ou autre, cet art désigne aujourd’hui, par-delà l’opposition de l’étranger et de l’indigène, du nomade et du sédentaire, une pluralité d’appartenances et de potentialités identitaires qui nous concernent tous.
Ce recueil d’essais se propose de cerner dans des œuvres de factures et d’origines différentes la dynamique de la migrance en tant que mise à l’épreuve des identités, tension vers l’autre, moteur éventuel de la transculturation. Comportant un très large éventail d’approches, il joint à l’appréciation esthétique l’interrogation de la teneur éthique et politique de l’œuvre – des conditions de sa genèse et de sa production jusqu’à sa circulation et sa réception. Par un réseau de résonances et d’échos qui passent les frontières des genres, des langues et des cultures, l’ensemble des contributions révèle les nouveaux horizons sous lesquels œuvrent celles et ceux soucieux de faire de leur propre passage la seule mesure crédible de l’humain et de ses possibles futurs.

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Isabelle MCNEIL: Déplacement et postmémoire dans le cinéma beur contemporain 151

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Déplacement et postmémoire dans le cinéma beur contemporain Isabelle MCNEIL University of Cambridge En introduction à son livre de témoignages sur l’émigration, publié à la suite de la sortie de son film, Mémoires d’immigrés: l’héritage maghrébin (1997), Yamina Benguigui décrit le rôle joué par l’immigration de ses pa- rents dans sa propre expérience d’enfant élevée en France. Ses parents évo- quaient continuellement la perspective d’un retour définitif en Algérie, un projet qu’ils n’ont jamais réalisé: Le temps a passé. Mon père n’a pas demandé l’aide au retour, mais ma mère a continué d’empiler les éternels cartons. Mes frères et sœurs ont grandi, les mains sur les poignées des valises. Moi aussi1. Benguigui, quoique née en France, montre dans son récit à quel point elle a grandi dans la possibilité toujours reportée mais toujours présente d’un retour de ses parents dans leur Algérie natale. Son identité est ainsi mar- quée par la présence d’un «ailleurs» toujours susceptible de devenir un «ici». L’image concrète des enfants vivant les mains sur les poignées des valises renvoie à une inscription presque physique du déplacement dans leur vie quotidienne. Les cartons dans lesquels la mère rassemble leurs pos- sessions fait de ce déplacement virtuel une partie intégrante de l’espace domestique. Benguigui et ses frères et sœurs ne sont pas des immigrés, et...

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