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La litote

Hommage à Marc Bonhomme

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Edited By André Horak

S’intéressant à des domaines aussi variés que la rhétorique, la pragmatique, la sémiostylistique, les sciences des médias et l’histoire de la langue française, Marc Bonhomme a tout particulièrement enrichi – et il continue de le faire – les recherches en linguistique par ses travaux novateurs sur les figures du discours. Pour l’honorer, ses élèves et amis ont choisi de revisiter le champ des figures et de combler une lacune scientifique en examinant la litote, à laquelle, malgré sa notoriété et sa diffusion, les théoriciens ont jusqu’ici réservé peu de pages.
Philologiques, rhétoriques et pragmatico-discursives, les contributions du présent recueil vont au cœur de la problématique qui entoure la litote. Comment concilier le moins et le plus, dont la coprésence ou l’interaction a priori paradoxale constitue le trait définitoire de cette figure ? Quel est le rôle de la négation dans la production litotique ? Quels rapports la litote entretient-elle avec les figures avoisinantes que sont l’euphémisme, l’ironie et l’hyperbole ? Les perspectives variées ici réunies montrent que la litote est une figure référentielle fort complexe qui occupe une position clé dans le langage.

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John E. JACKSONRacine et les ambiguïtés de la litote 225

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Racine et les ambiguïtés de la litote John E. JACKSON, Université de Berne Il n’y a guère de hasard dans le choix de La Thébaïde comme point de départ de la carrière théâtrale de Jean Racine. En élisant, fût-ce sur la proposition de «quelques personnes d’esprit», ce qu’il définit lui-même comme «le sujet le plus tragique de l’antiquité», le jeune auteur se donnait la possibilité de vérifier d’emblée son propre rapport à l’essence du genre dramatique. La pièce contient en effet une définition de la notion de tragique qui, si elle se nuancera ou s’infléchira par la suite, ne se démentira jamais vraiment. Aussi bien, le choix des figures de style élues pour illustrer ce tragique demande-t- il de son côté à être réfléchi comme l’effet d’une nécessité qui, si elle tient compte du goût de l’époque, n’en défère pas moins d’abord à une réflexion sur la tragédie: le choix de la litote comme l’une des figures de base de la poétique racinienne répond comme nous essayerons de le montrer à une saisie du tragique comme d’un paradoxe dont la dimension métaphysique ne saurait être méconnue. C’est Jocaste qui, dans son monologue du deuxième acte, formule cette dimension de la manière la plus explicite. Evoquant le «crime» – ses noces avec Œdipe – qui a attiré toute la colère des dieux sur...

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