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Voir le monde comme une image

Le schème de l’image mimétique dans la philosophie de Platon (Cratyle, Sophiste, Timée)

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Alexandre Nevsky

Que veut nous dire Platon quand il nous invite à voir le monde comme une image ? De quoi est-il l’image et existe-t-il plusieurs images possibles de la même réalité ? A quel degré d’engagement ontologique exposons-nous quand nous acceptons, avec Platon, de redéfinir comme étant image le langage, le discours, le monde matériel et même le matériau de celui-ci ?
Ce travail propose une analyse approfondie de la conception de l’image de Platon dans ses trois dialogues clés. Il essaie de nous montrer que cette conception n’est pas une simple conséquence de la théorie des Idées, mais une solution philosophique originale au paradoxe de l’apparence archaïque et une étape préalable à la dialectique platonicienne.
Cette étude nous invite ainsi à revoir les fondements de la métaphysique occidentale, au moment où se produit la naissance conceptuelle de la notion d’image, en mettant en évidence son originalité et son importance pour l’enquête philosophique sur la réalité.

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Apories de l’interprétation 130

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130 Apories de l’interprétation La lecture du Cratyle, qui insiste sur l’importance de comprendre le fonctionnement du schème de l’image dans l’architecture générale du dialogue, ne prétend pas réduire tous les enjeux de sa discussion à la problématique de l’image. Mais en reconstituant la perspective «iconi- que» à l’intérieur de laquelle se meut ici la pensée de Platon, elle per- met, me semble-t-il, de montrer qu’un bon nombre de malentendus liés à l’interprétation du Cratyle reposent sur le fait qu’on la considère se- lon d’autres perspectives qui lui sont étrangères, en négligeant le rôle organisateur central de l’idée de l’image169. La plupart de ces malentendus alimentent la tendance à considérer le Cratyle comme un dialogue strictement aporétique dont le seul résultat positif serait l’absence de ce dernier170. C’est-à-dire qu’il proposerait une simple réfutation tour à tour des deux thèses proposées au début de la discussion selon un schéma binaire: dans la discussion avec Hermogène, Socrate épouserait la thèse cratylienne de la justesse naturelle des noms, en réfutant celle d’Hermogène de leur institution par convention. Dans le deuxième volet du dialogue, invitant Cratyle lui-même à reconsidérer les résultats obtenus qui confirment sa thèse, Socrate prouverait l’inva- lidité de sa construction théorique précédente. En s’avouant ainsi inca- pable de dire quoi que ce soit de tenable sur la nature du langage,...

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