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AutoBioPhagies

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Edited By May Chehab and Apostolos Lampropoulos

De Feuerbach à Derrida, de la gastronomie au cannibalisme et de la saveur à la terreur, cette étude décline les différentes postures du sujet mangeant.
Plus précisément, et résolument ancré dans un corps placé au centre du présent volume, c’est d’abord un sujet phagique jouissif qui triomphe dans l’autobiographie gastronomique. Mais l’étude examine également les modalités d’apparition d’un sujet dysphorique, émietté, spectralisé ou vampirisé, aussi bien dans les littératures de l’éclatement de soi que dans les mises en spectacle des déchirements identitaires de l’art corporel. Les contributions permettent enfin de voir comment la métaphore (auto)phagique, pathologique chez les grands lecteurs, toujours digestive, voire stercoraire, se littérarise dans une quotidienneté diarique recyclée ad nauseam, se redéfini philosophiquement dans un rapport circulaire au monde et voit son essence sondée par la philosophie anti-idéaliste et postmoderne.
Enrichies de l’apport de disciplines différentes, les AutoBioPhagies aspirent en effet à réunir ce que la tradition occidentale a désuni : les deux fonctions principales de la bouche, celle de la parole et celle de la nourriture.

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IV. CANNIBALISMES, VAMPIRISMES ET AUTOPHAGIES 129

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IV. Cannibalismes, vampirismes et autophagies ompléments fréquents des récits d’horreur ou pratiques bio- phagiques assortissant un imaginaire toujours intrigant, le canniba- lisme et le vampirisme ont fait l’objet d’un travail diligent1 essayant à la fois de les définir et d’éclairer d’un jour nouveau leur présupposés idéologiques et les mythes avec lesquels ils sont inextricablement liés. Quoique le vampirisme ait souvent été considéré comme le frère jumeau, la version allégée ou le sine qua non du cannibalisme, c’est à propos de ce dernier qu’a été initié ou réitéré un vif débat portant sur la construction de l’altérité pure de celui qui consomme des êtres humains (le marginal, le non occidental, le sauvage) par rapport à celui qui non seulement ne le fait pas mais qui n’aurait certainement pas pu le faire (l’intégré, le civi- lisé, l’occidental). Une bonne partie de la réflexion sur le cannibalisme s’est appuyée sur la certitude de son extrémité redoutable qui serait par ailleurs convaincante et opérationnelle: une fois le cannibalisme soup- çonné, voire constaté, il n’a pu qu’avoir eu lieu loin, de l’autre côté, n’a pu que constituer son espace dans un en face effrayant. C’est dans le cadre de cette problématique qu’a vu le jour The Man- Eating Myth, le travail pionnier et aussitôt contesté de William Arens qui, dans sa tentative de démontrer l’aspect mythologisant de l’anthropolo- gie contemporaine, a d...

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