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Etat et bien commun

Perspectives historiques et enjeux éthico-politiques- Colloque en hommage à Roger Berthouzoz

Edited By Anto Gavric and Grzegorz W. Sienkiewicz

La notion d’Etat et celle de bien commun apparaissent aujourd’hui en constante confrontation du point de vue de leur finalité. Certes, le concept d’Etat naît avec la Modernité alors que celui du bien commun existe déjà dans l’Antiquité. Les rapports qu’ils entretiennent actuellement ne sont toutefois pas sans rappeler les questions éthiques autour de la notion de bonum commune qui se posent depuis la formation de la société publique.
Cet ouvrage invite à reprendre cette discussion dans un cadre pluridisciplinaire (philosophie, histoire, théologie, économie, droit, politique, médecine). Il met l’accent sur les questions philosophiques de l’utilisation de doctrines politiques du bien, de l’engagement social, des droits de l’homme, mais aussi de l’appréciation éthique quant aux modifications génétiques de l’être humain.
Les textes ici exposés constituent une tentative de retrouver un lien substantiel entre Etat et bien commun en proposant aux chercheurs et aux scientifiques d’assumer une responsabilité déontologique, conformément à leur mission au sein de la société.

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Religion et bien commun dans "De la démocratie en Amérique" de Tocqueville - Guy BEDOUELLE 19

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Religion et bien commun dans De la démocratie en Amérique de Tocqueville GUY BEDOUELLE Succédant à Alexis de Tocqueville à l’Académie française, le P. Lacor- daire qui, depuis vingt ans, avait travaillé au rétablissement des domini- cains en France et s’honorait de la qualité de «catholique libéral», pro- nonça l’éloge de son prédécesseur le 24 janvier 1861. Parlant de l’ou- vrage qui avait rendu Tocqueville célèbre, De la démocratie en Améri- que, le dominicain relève bien la divergence que l’auteur découvre entre l’Europe et l’Amérique sur le rôle de la religion: Tandis que l’Américain croit à son âme, à Dieu qui l’a faite, à Jésus-Christ qui l’a sauvée, à l’Evangile qui est le livre commun de l’âme et de Dieu, le démocrate eu- ropéen, sauf de nobles exceptions, ne croit qu’à l’humanité, et encore à une huma- nité fictive qu’il a créée en rêve. Ce rêve est à la fois son âme, son Dieu, son Christ, son évangile, et il ne pense à aucune autre religion, si ancienne et si invétérée soit- elle, que pour la persécuter et l’anéantir s’il le peut. […] L’Américain ne comprend pas un homme sans une religion intime, et un citoyen sans une religion publique. Le démocrate européen ne comprend pas un homme qui prie dans son cœur et en- core moins un citoyen qui prie en face...

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