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Quand la Maison-Blanche prend la parole

Le discours présidentiel de Nixon à Obama

Luc Benoit à la Guillaume

Au vingtième siècle, l’essor d’une présidence américaine forte est inséparable de la montée en puissance du discours. Véritable pouvoir informel, la prise de parole publique s’est imposée lors des campagnes électorales mais également pour gouverner, représenter la nation, en célébrer les valeurs et faire pression sur le Congrès. Elle a donné naissance à une riche tradition rhétorique et relève surtout de la manipulation des affects de l‘opinion publique.
Cet ouvrage étudie la manière dont la parole présidentielle se plie aux formats et aux exigences mercantiles des médias pour proposer au peuple deux versions faussement antagonistes du rêve américain. Fille de la présidentialisation du système politique, n’en a-t-elle pas accompagné la démocratisation avant de proliférer afin de compenser le déclin des partis et la fermeture croissante du champ politique ? Ce livre retrace l’essor de la parole présidentielle, étudie ses fonctions, de l’élection du président à l’exercice du pouvoir en passant par la célébration des rites de la religion civile, et éclaire la manière dont les présidents exploitent ses règles rituelles et rhétoriques.

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Que faire de la parole des présidents américains? 1

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1 Que faire de la parole des présidents américains ? Que faire de la parole des présidents américains ? Vaut-il la peine de se préoccuper des discours de plus en plus nombreux qui rythment le quoti- dien des candidats à la présidence et des locataires de la Maison- Blanche ? Le flot constant de mots et de (petites) phrases dont l’impact est amplifié par les médias n’est-il qu’une apparence trompeuse qui ca- cherait les vrais enjeux institutionnels et politiques ? Contre une vision qui séparerait l’étude de l’institution présidentielle de celle de la parole des présidents, ce livre prend au sérieux les discours présidentiels et montre que l’essor d’une présidence forte au vingtième siècle, notam- ment depuis Franklin D. Roosevelt, est inséparable de la montée en puis- sance du discours. Véritable « pouvoir informel »1, la prise de parole publique est devenue indispensable non seulement lors des campagnes électorales mais également pour exercer les fonctions présidentielles, représenter la nation, en célébrer les valeurs et faire pression sur le Con- grès. L’exercice de ce pouvoir est doublement contraint, sur le plan rituel et sur le plan rhétorique. D’une part on assiste à une ritualisation et à une standardisation des discours présidentiels. Les gaffes ou autres provoca- tions verbales des présidents qui viennent parfois briser la routine de leur discours sont autant d’exceptions qui confirment la règle. D’autre part, les discours des...

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