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Or et Ordure

Regards croisés sur le déchet

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Edited By Brigitte Poitrenaud-Lamesi

La thématique du rebut, de l’ordure, du déchet est envisagée dans sa dimension symbolique et ne se réduit pas à la problématique environnementale : le volume rend compte des discours non pragmatiques ou décalés portés sur le sujet. Il explore cet envers du décor, cette part d’ombre qui raconte la condition humaine. Les objets, en tant que traces mémorielles sont envisagés comme des formes de prolongements du corps et donc « animés », les corps, sous la forme du produit résiduel, du fragment corporel ou du cadavre, subissent un processus de réification.
Voilà pourquoi des champs de recherche très différents ont été mobilisés. Des chercheurs d’horizons divers ont été réunis, qui ont échangé et confronté points de vue et démarches. Cet ouvrage témoigne de cette entreprise atypique, entre divergences, nuances et convergences.
Ces « obscurs objets du refus » se profilent dans un clair-obscur caractéristique de nos sociétés contemporaines : à la fois visibles, inévitables, ostentatoires mais paradoxalement ignorés, délaissés, cachés. Ils oscillent entre des statuts radicalement différents, se faisant tour à tour objet de consommation, objet d’art, objet de dégoût ou objet littéraire. Cet ouvrage contient huit articles en français, un en italien ainsi que deux cahiers iconographiques.

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PENSER LE DÉGOÛT 105

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III. PENSER LE DÉGOUT Ha [Camporesi] guardato come gli uomini mangiavano, cuocevano, come schioccavano la lingua deglutendo, come si eccitavano sessual- mente attraverso unguenti ed elisir, come nel Diciottesimo secolo fosse- ro state accolte quelle bevande esotiche e (allora) meravigliose che erano il caffè e il cioccolato, come lavorassero i minatori, i tessitori, i barbieri, i chirurghi, i medici e i guaritori, quale fosse l’immagine del povero, del diseredato, del mascalzone, del ladro, dell’assassino, del disperato, ci ha parlato del modo in cui i corpi venivano amati, squartati, nutriti, anato- mizzati, divorati, rifiutati, umiliati, e si è soffermato su fibre, intestini, bocche, bubboni, vomiti e prelibatezze. Il [Camporesi] a regardé comment les hommes mangeaient, cuisinaient, comment ils faisant claquer leur langue en déglutissant, comment ils s’excitaient sexuellement au moyen d’onguents et d’élixirs, comment au Dix-huitième siècle ont été accueillies ces boissons (alors) exotiques et merveilleuses qu’étaient le café et le chocolat, comment travaillaient les mineurs, les tisserands, les barbiers, les chirurgiens, les médecins et les guérisseurs, quelle était l’image du pauvre, du déshérité, du voyou, du voleur, de l’assassin, du désespéré, il nous a parlé de la façon dont les corps étaient aimés, écartelés, nourris, anatomisés, dévorés, refusés, hu- miliés, e il s’est arrêté sur des fibres, des intestins, des bouches, des bu- bons, des vomissures et des choses exquises. Umberto Eco (Interview à l’Espresso 2008) Figures du dégoût...

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