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L’Europe des citoyens et la citoyenneté européenne

Évolutions, limites et perspectives

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Edited By Michel Catala, Stanislas Jeannesson and Anne-Sophie Lamblin Gourdin

La construction européenne est souvent présentée ou perçue comme un processus technocratique imposé aux peuples par les élites à la suite du désastre de la Seconde Guerre mondiale et du traumatisme de la Guerre froide. La crise actuelle que connaît l’Union européenne semble ainsi démontrer l’absence de solidarité entre les États et les peuples du continent, par manque d’identité partagée et de projet politique démocratiquement accepté. La création d’une citoyenneté européenne par le traité de Maastricht, en 1992, n’a pas enrayé le désintérêt des citoyens des États membres, pourtant de plus en plus affectés par les politiques européennes, à l’égard de l’Union et de ses institutions. Dans une perspective résolument interdisciplinaire, à la croisée de l’histoire, du droit, des sciences politiques, de la sociologie et de la philosophie, cet ouvrage entend dépasser ce constat d’échec un peu simpliste, pour étudier les modalités et les visages de la citoyenneté européenne, son émergence progressive depuis les premiers projets de l’entre-deux-guerres, ses limites et ses insuffisances, mais aussi ses perspectives, à long terme comme dans un avenir proche.

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Première partie : Penser et construire la citoyenneté européenne

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Première partie Penser et construire la citoyenneté européenne Stanislas JEANNESSON, Université de Nantes Nation et citoyenneté dans la pensée européiste de l’entre-deux-guerres Lorsqu’on considère l’histoire de l’idée européenne au XXe siècle, il est indispensable d’interroger la période de l’entre-deux-guerres pour se per- suader – si cela est encore nécessaire – que cette histoire ne se confond pas avec celle de la construction de l’Europe communautaire et pour sonder l’extrême richesse d’une pensée foisonnante et multiple, aux ré- sonances souvent étonnamment actuelles, à tel point que Robert Frank évoque à son sujet un « premier âge d’or de l’engagement européen »1. Avant d’aborder les interactions complexes qui, dans la pensée européiste des années 1920 et 1930, mettent aux prises les concepts et les réalités de nation et de citoyenneté, il nous semble nécessaire de faire trois re- marques préliminaires : – Durant ce que, bien entendu, l’on n’appelle pas encore « l’entre-deux- guerres », et alors qu’il n’est pas totalement absurde de croire à l’af- fermissement d’une paix solide et durable sur le Vieux Continent, on pense, on imagine l’Europe, sans que cette construction intellectuelle ne conduise à des réalisations concrètes qui viendraient distinguer un projet parmi d’autres et donner à l’européisme un visage aux contours bien définis. Rien n’interdit ni ne bride encore les rêves les plus extra- vagants ni les conceptions les plus audacieuses. – L’européisme est un terme pratique, un peu fourre-tout, pour regrou-...

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