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Intellectuels, artistes et militants

Le voyage comme expérience de l’étranger- Avec une préface de Gilles Bertrand

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Edited By Anne Dulphy, Yves Léonard and Marie Anne Matard Bonucci

« Écrire le voyage, c’est transformer l’expérience en conscience » notait André Malraux. Plus que pour la chronique des déambulations qu’il contient, le récit de voyage est un outil particulièrement précieux pour bâtir une histoire des représentations et des relations culturelles internationales.
Les voyageurs artistes, intellectuels et militants politiques présentent un intérêt spécifique car ils prolongent souvent leur expérience par un acte de création artistique, littéraire ou testimonial. Éducatif, érudit ou humaniste, leur voyage doit contribuer à produire un savoir sur le monde et sur soi ; il est d’abord la quête d’un « signalement de l’univers », pour reprendre la formule de Théophile Gautier qui fut lui-même un grand voyageur.
Dans cet ouvrage, l’expérience du voyage importe donc surtout comme pratique et comme moment de confrontation avec une culture et une société étrangères. Il s’agit d’observer de quelle façon le déplacement dans un pays étranger, sa découverte ou redécouverte, orientent la perception de l’autre pays. Trois aires culturelles, outre la France, ont été privilégiées, chacune – Italie, Espagne, monde lusophone – ayant construit une identité forte autour du voyage et de la mobilité.

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PREMIERE PARTIE: LE VOYAGE TNTELLECTUEL ET MILITANT

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PREMIERE PARTIE LE VOYAGE INTELLECTUEL ET MILITANT Intellectuels francais en Italie fasciste Marie-Anne MATARD-BONUCCI Professeur d'histoire contemporaine ä l'Universite de Grenoble II Chercheur au CHRIPA, chercheur rattache au Centre d'histoire de Sciences Po et au CHCSC (UVSQ) Au debut du XXe siecle, le voyageur en ltalie part moins pour de- couvrir le pays que pour le retrouver. On traverse les Alpes la memoire encombree d'un savoir livresque et pictural que les siecles ont stratifie, avec la ferme intention d'acceder ä 1'ltalie eternelle, ä cette « italianite » forgee par les romantiques. La peninsule attire aussi pour ce qu'elle promet d'emotions artistiques et de sensualite et pour « le seul desir d'etre heureux L'avenement de Mussolini au pouvoir n'interrompt pas la tradition du voyage mais transforme la regle du jeu. Jusque-lä, le patrimoine artistique ou religieux du Bel Paese pouvait faire ecran ä l'Italie contemporaine qu'on ignorait ou qu'on s'effor9ait, comme au XIXe siecle, de ne pas voir. Sous le fascisme, il devient plus difficile d'afficher une indifference au temps present. Quartiers eventres pour etre restructures, nouveaux edifices ä la gloire du regime, parades et habitants marchant ä pas cadence : la ville devient le theätre de la litur- gie et des scenographies du regime. Affiches, statues, monuments ephe- meres se multiplient tandis que les habitants collaborent, protagonistes ou figurants, aux mises en scene du pouvoir. Non seulement des transformations accelerees affectent le paysage urbain et dans une moindre mesure rural, mais la propagande s'emploie ä magnifier le chantier qu'est devenue l'Italie nouvelle, ä l'interieur des frontieres et en direction de l'etranger....

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