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Intellectuels, artistes et militants

Le voyage comme expérience de l’étranger- Avec une préface de Gilles Bertrand

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Edited By Anne Dulphy, Yves Léonard and Marie Anne Matard Bonucci

« Écrire le voyage, c’est transformer l’expérience en conscience » notait André Malraux. Plus que pour la chronique des déambulations qu’il contient, le récit de voyage est un outil particulièrement précieux pour bâtir une histoire des représentations et des relations culturelles internationales.
Les voyageurs artistes, intellectuels et militants politiques présentent un intérêt spécifique car ils prolongent souvent leur expérience par un acte de création artistique, littéraire ou testimonial. Éducatif, érudit ou humaniste, leur voyage doit contribuer à produire un savoir sur le monde et sur soi ; il est d’abord la quête d’un « signalement de l’univers », pour reprendre la formule de Théophile Gautier qui fut lui-même un grand voyageur.
Dans cet ouvrage, l’expérience du voyage importe donc surtout comme pratique et comme moment de confrontation avec une culture et une société étrangères. Il s’agit d’observer de quelle façon le déplacement dans un pays étranger, sa découverte ou redécouverte, orientent la perception de l’autre pays. Trois aires culturelles, outre la France, ont été privilégiées, chacune – Italie, Espagne, monde lusophone – ayant construit une identité forte autour du voyage et de la mobilité.

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TROISIEME PARTIE: LE VOYAGE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE

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TROISIEME PARTIE LE VOYAGE LITTERAIRE ET ARTISTIQUE Les voyageurs anglais et la redecouverte de Piero della Francesca Luciano CHELES Professeur d'etudes italiennes al'Universite de Poitiers Piero della Francesca (env. 1415/1420-1492) est considere comme une des figures majeures de l'histoire de l'art. Or, cela n'a pas toujours ete le cas. Apres sa mort, il tomba dans l'oubli et ne commenca ä etre redecouvert qu'au milieu du XIXe siecle. Ce manque d'interet etait dü ä plusieurs facteurs : la penurie d'informations biographiques sur son compte (si Giorgio Vasari ne lui avait pas consacre une de ses Vite, cet artiste aurait probablement disparu des textes d'histoire de l'art) ; le nombre restreint de peintures qui ont survecu ; et le fait qu'Arezzo, Sansepolcro, Monterchi et Urbino, qui accueillent les ceuvres les plus frappantes de l'artiste, etaient loin des terrains battus et, dans le cas des trois derniers lieux, peu accessibles. Il faut souligner egalement que le style austere de Piero convenait peu aux critiques artistiques du XVI' au XIXe siecle. Les personnages qui habitent ses tableaux et ses fresques etaient en effet percus comme raides, mornes et inexpressifs, accomplis- sant des actes extraordinaires, ou participant ä des evenements excep- tionnels sans manifester apparemment le moindre interet. Les trois anges du Bapteme du Christ (National Gallery, Londres), sur la gauche, assistent ä l'ablution de Jesus avec un calme absolu qui frise l'indiffe- rence. Dans la scene du Cycle de la Croix (eglise de Saint Francois, Arezzo) illustrant la bataille d'Heracles et de Chosroes, la bataille pour la reappropriation de la Sainte...

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