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(Se) gouverner

Entre souci de soi et action publique

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Edited By Guy Lebeer and Jacques Moriau

Qu’est-ce que gouverner aujourd’hui ? Les modalités de gestion de la population apparaissent de plus en plus complexes. De façon inédite, l’exercice du pouvoir passe de nos jours par des dispositifs qui articulent très finement technologies de contrôle et processus de constitution du sujet. Ce n’est plus tant par le recours à la contrainte ou à la discipline que se gouvernent les individus que par l’examen de soi et l’auto-surveillance. Les sujets que nous sommes se constituent au gré des injonctions qui leur sont adressées à devenir tels, dans le commerce permanent avec les dispositifs qui organisent nos vies.
S’appuyant sur l’œuvre de Foucault, ce livre interroge la « gouvernementalité » contemporaine dans ses déclinaisons concrètes. Ce modèle d’analyse est ici mis à l’épreuve de multiples domaines de pratiques, de la médecine au droit en passant par le travail social, l’urbanisme et les nouvelles technologies.
Où est la place de l’État dans l’ordre néolibéral du monde ? N’y a-t-il pas quelque réduction aveuglante à le considérer comme se retirant du paysage ? Face à la dispersion des rapports de pouvoir, est-il possible de déceler comme un enjeu organisateur ? Et comment penser la résistance dans ce cadre ?
Autant de questions auxquelles les textes réunis ici tentent d’apporter une réponse empirique.

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La ville comme machine ä mobilite.Capitalisme, urbanisme et gouvernement des corps 81

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La ville comme machine ä mobilite Capitalisme, urbanisme et gouvernement des corps' Max ROUSSEAU ATER en science politique, Universite de Saint-Etienne Comprendre le neo-liberalisme par la metaphore du corps mobile est frappant de constater ä quel point il est devenu recemment de plus en plus difficile de rester immobile dans l'espace public des grandes villes. S'arreter dans la rue signifie desormais stationner debout, ou s'asseoir ä des endroits non prevus pour cet usage (rebords de trot- toir, pas de porte, etc.) puisque les amenites urbaines qui remplissaient auparavant cette fonction disparaissent rapidement — la plupart des bancs publics, par exemple, etant en voie de suppression. Tenter l'expe- rience de rester immobile dans l'espace urbain de nos jours signifie se glisser dans la peau d'un suspect aux yeux des passants qui detournent leur chemin ou des policiers qui interviennent pour remettre le corps immobile en mouvement2. Merci ä Gilles Pinson pour sa lecture critique d'une premiere version de ce texte. Celui-ci est initialement paru dans le troisieme numero (septembre 2008) de la revue Metropoles, [http://metropoles.revues.org/]. 2 L'idee de cet essai vient de deux aventures recentes vecues par l'auteur dans les rues de Paris. La premiere fois, j'attendais un ami, debout dans les couloirs de la station de RER des Halles lorsque trois policiers m'ont demande de « circuler » ; ce n'est que plus tard que j'ai compris que dans cette partie de Paris, les policiers assimilent les individus immobiles aux dealers. La seconde, je discutais avec des amis, assis sur la promenade des quais de la Seine,...

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