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L’Europe mise en réseaux

La France et la coopération internationale dans les postes et les télécommunications (années 1850-années 1950)

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Léonard Laborie

Rien ne paraît aujourd’hui plus simple que d’envoyer une carte postale depuis l’étranger ou de joindre par téléphone les antipodes. Les réseaux de communication, postaux ou électriques, s’affranchissent non seulement des distances, mais des frontières. Cet état de fait n’a rien de naturel ou de techniquement déterminé. Pour lui donner la forme qu’il a prise, il a certes fallu des moyens matériels, révolutionnés au cours des innovations, mais aussi des accords politiques et techniques.
Le présent ouvrage est le premier à proposer une histoire, de l’intérieur et dans la longue durée, de la coopération qui a ainsi canalisé l’expansion internationale des flux d’information depuis la seconde moitié du XIX e siècle. En suivant les acteurs français, il plonge dans l’espace méconnu des organisations techniques internationales, avec leurs débats feutrés aux lourds enjeux économiques et symboliques, où se sont articulés de manière originale la souveraineté des Etats, le service d’un public transnational et un idéal de rapprochement des peuples. Récit de la mise au monde des réseaux, c’est aussi celui de la mise en réseaux d’une Europe où les frontières sont moins des barrières que des franchissements. Avec au cœur, à la charnière du technique et du diplomatique, la communauté discrète et puissante des experts.

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CONCLUSION DE LA TROISIÈME PARTIE 391

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391 Conclusion de la troisième partie À observer la manière dont se réorganise l’ordre international des communications, trois saillants pointent des années 1930 aux années 1950. Le premier concerne la politisation des Unions internationales. Le refus de se lier à la SDN dénote de la part des fondateurs des Unions une vision du monde dichotomique, où le technique et le politique ne doivent pas interférer. Le travail de l’expert ne saurait être brouillé par des considérations qu’il n’aurait pas de lui-même intégrées dans sa stratégie et dans ses choix. La logique d’indépendance porte sur l’agenda concret des travaux à entreprendre. Une perte de contrôle de cet agenda aurait fragilisé les positions des administrations à l’intérieur même de leur pays. On comprend dès lors la solidarité qui se manifeste entre elles sur ce thème. La logique d’indépendance tient en outre au souci de préserver le sort des institutions à long terme, en évitant de les impliquer dans des conflits. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, l’immixtion des conflits politiques ouverts dans le quotidien de la coopération technique reste, de fait, à l’état latent. Elle s’observe dans les années 1930, dans le domaine de la radiodiffusion, très sensible car directement lié aux populations et aux opinions. Mais même là le consensus demeure, aussi hypocrite soit-il du reste, pour continuer de produire des normes communes,...

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