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1908, l’annexion de la Bosnie-Herzégovine, cent ans après

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Edited By Catherine Horel

En 1908, l’annexion de la Bosnie-Herzégovine par l’Autriche-Hongrie a provoqué une crise européenne à propos des Balkans qui semble préfigurer les suivantes : les guerres balkaniques de 1912-1913 et la crise de l’été 1914 consécutive à l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, à Sarajevo. « De Sarajevo à Sarajevo », qu’a fait l’Europe de cette région ?
Dernière crise de la classique « question d’Orient », la crise de 1908 joue le rôle de révélateur, voire de catalyseur de l’état des relations intereuropéennes de l’époque. Pourquoi l’annexion de la Bosnie n’a-t-elle pas déclenché alors un conflit majeur ? Comment comprendre cette crise, cent ans après, à l’heure où la question de l’intégration des Balkans dans l’Union européenne est à l’ordre du jour ?
C’est ce que cherche à explorer cet ouvrage, qui regroupe les actes du colloque tenu à Paris en 2008 à l’occasion du centenaire de la crise de Bosnie. Les différentes contributions analysent en profondeur la situation des Balkans de l’époque, ainsi que l’action des grandes puissances européennes dans la région. Il s’agit de « défataliser » l’histoire, en repérant les engrenages, s’il y en a, mais aussi en mettant en valeur les facteurs qui échappent à ces mécanismes et auraient pu changer le cours des choses.
C’est un bilan historiographique très complet de la question qui est présenté ici, et qui ouvre de nouvelles pistes de réflexion sur, entre autres, les lieux de mémoire, l’héritage turc ou le traitement des minorités.

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PREMIÈRE PARTIE. LES ACTEURS INTERNATIONAUX

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PREMIÈRE PARTIE LES ACTEURS INTERNATIONAUX 15 Les antécédents de la crise bosniaque de 1908 Winfried BAUMGART Université de Mayence La crise bosniaque de 1908 dont nous évoquons le centenaire dans cet ouvrage n’est qu’un maillon dans une chaîne de crises internatio- nales qui menèrent à la catastrophe de juillet 1914. Parmi les questions internationales de l’histoire moderne, la question d’Orient est certaine- ment le problème le plus curieux, le plus compliqué et le plus riche de conséquences1. Pendant un siècle, depuis les années 1820 jusqu’aux années 1920, elle fut au premier plan des préoccupations des grandes chancelleries européennes. En comparaison, toutes les autres questions internationales – la question allemande, la question italienne par exemple – furent éphémères. Si, au cours de l’année 1900, on avait demandé à un contemporain, pour quelle raison et en quel endroit du globe une guerre mondiale éclaterait, il n’aurait pas désigné l’Alsace- Lorraine ou la Pologne comme foyers de troubles, mais plutôt l’Extrême- Orient ou l’Afrique, et très vraisemblablement l’Empire ottoman. Tous les hommes politiques du XIXe siècle ont parlé de l’Empire ot- toman, de cet empire qui était un corps géant, amorphe, peu civilisé et en voie de dépérissement, avec un dédain mêlé d’angoisse. Le tsar Nicolas Ier parlait, dans les années 1820, de « l’homme malade du Bosphore »2 ; Metternich disait en 1853 qu’il faudrait prendre garde à ce 1 Les ouvrages classiques...

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