Show Less

Regards sur le cosmopolitisme européen

Frontières et identités

Series:

Edited By Muriel Rouyer, Catherine de Wrangel, Emmanuelle Bousquet and Stefania Cubeddu

Que peut-on attendre d’un « citoyen du monde » dans l’espace européen à venir ? Que représente le cosmopolitisme en Europe ? Voici quelques-unes des questions posées par cet ouvrage qui présente les réflexions de chercheurs européens et non européens sur le cosmopolitisme.
Les regards des spécialistes sur la question sont variés et la réalité est analysée à partir de différentes disciplines. Ainsi, science politique, histoire, droit, langues, littérature et civilisation se conjuguent pour présenter une vision toujours évolutive, parfois idéale, du cosmopolitisme.
On considère souvent le cosmopolitisme comme obsolète. N’est-ce pas, au contraire, une des réponses possibles à la crise que traverse l’Union européenne en ce début de XXI e siècle ?

Prices

Show Summary Details
Restricted access

TROISIÈME PARTIE. DE LA CULTURE COSMOPOLITE EUROPÉENNE

Extract

TROISIÈME PARTIE DE LA CULTURE COSMOPOLITE EUROPÉENNE 331 Réflexions sur le cosmopolitisme, au sens propre Grégoire POLET En quittant de nouveau ma patrie, le 13 juillet 1806, je ne craignis point de tourner la tête comme le sénéchal de Champagne ; presque étranger dans mon pays, je n’abandonnais après moi ni château ni chaumière. Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem Par en haut 1. Le cosmopolitisme est la propension à trouver sa patrie où que l’on soit et à s’adapter facilement aux usages d’un pays qui n’est pas le sien. Le cosmopolite est le citoyen du monde ou celui qui se sent ci- toyen du monde. Le cosmopolite adopte les usages, s’adapte aux mœurs, il a la tendance, l’espoir, la faculté ou le projet de ne se sentir étranger nulle part où il y a des hommes et redit avec Térence : Homo sum, homini nihil a me alienum puto. 2. Le cosmopolitisme est une sorte de dérèglement du sentiment d’appartenance, ou au contraire son ajustement, ne rendant pas l’hu- manité relative aux nations, mais les nations relatives à l’humanité. Le cosmopolitisme ne voit pas d’unité dans les nations, mais des partitions de l’unité du monde. Il n’induit pas, il déduit. Il part d’une idée forte, qui identifie le monde comme unité, et descend vers les lieux, les pays et les temps avec la même aisance et la même passion que la pensée descend en...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.