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Stéréotype et lecture

Essai sur la réception littéraire

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Jean-Louis Dufays

Le rôle fondamental joué dans l’acte de lecture par les divers niveaux de stéréotypie disponibles dans la mémoire collective avait déjà été évoqué maintes fois au cours du XX e siècle, mais l’étude systématique de leur impact dans la compréhension, l’interprétation et l’évaluation des textes littéraires restait à entreprendre. C’est à cette tâche que s’est attelé J.-L. Dufays. Passant en revue les codes de la lecture, les phases de son déroulement et les diverses modalisations dont le sens peut faire l’objet, il montre que tout lecteur se meut dans un jeu de reconnaissance et d’ignorance, de participation et de distanciation à l’égard des stéréotypes du texte, et il suggère que l’exploitation maximale de ces tensions pourrait constituer la forme la plus aboutie de la réception littéraire. La partie majeure de l’étude, qui concerne les modes d’énonciation et les effets de lecture auxquels les stéréotypes se prêtent, montre que c’est toute la logique de l’analyse littéraire et toute l’historicité de la littérature qui se trouvent renouvelées par la prise en compte de cette problématique.
Éclairant dans ses synthèses, pointu dans ses analyses, cet ouvrage ambitieux effectue nombre de mises au point dont nulle théorie de la lecture et de la littérature ne peut faire l’économie. Publié pour la première fois en 1994, il fait l’objet d’ici d’une deuxième édition actualisée.

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PREMIÈRE PARTIE. CHAMP CONCEPTUEL

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PREMIÈRE PARTIE CHAMP CONCEPTUEL 29 CHAPITRE 1 Les théories de la lecture 1. Généralités Si l’interrogation sur l’effet de l’œuvre littéraire et sur l’activité du lecteur ne date pas d’hier (cf. Billaz 1983 : 26)1, ces questions ne sont devenues des thèmes majeurs de la théorie littéraire qu’à la fin des années 1970. Cette époque coïncide en effet avec la parution de plu- sieurs ouvrages importants (e. a. Rhétorique de la lecture de Charles, Pour une esthétique de la réception de Jauss, L’acte de lecture de Iser, Lector in fabula d’Eco) qui, chacun à leur manière, en appellent à une réorientation de la critique littéraire en direction de la lecture et du lecteur. Loin de constituer une rupture radicale avec ce qui avait précé- dé, l’émergence de ce nouveau champ de recherche s’inscrit dans la logique des déplacements successifs qu’ont connus les études littéraires. Après avoir centré toute son attention sur le texte et privilégié l’hypo- thèse de l’immanence de ses significations (cf. les années 1960 et le projet structuraliste d’élaborer une science des textes), la critique a graduellement pris conscience de la nécessité de faire éclater la « clô- ture » structurale : d’abord en acceptant l’idée que le texte n’était pas un produit fini, mais une « productivité », un procès d’engendrement vir- tuellement sans fin (cf. Kristeva, Derrida, Barthes) ; ensuite, en...

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