Show Less

Mon aventure européenne

Images et souvenirs

Series:

Pierre Duchâteau

Ce texte n’est pas un récit, il n’écrit pas une histoire, il témoigne. Certes, aux yeux même de l’auteur, il s’agit d’une aventure passionnante dans laquelle il s’engage avec toute sa conviction : « La construction européenne ». Mais il ne prétend pas en proposer un récit factuel et objectif. Son but n’est pas de dire ce qui s’est passé dans l’histoire et quel chemin cette histoire a poursuivi, mais ce qu’il a vécu et fait dans cette histoire, les personnes qu’il a rencontrées, les événements qui l’ont touché, les lieux que ses missions lui ont permis de découvrir, les hasards de la vie qui ont suscité sa passion, les initiatives qu’il a pu prendre et les responsabilités qu’il a pu assumer, tout cela dans le cadre d’une transformation fondamentale et rapide des sociétés, des lieux et des pays qu’il visite dans son aventure et qui ont pour effet de changer le monde et par conséquent de le transformer lui-même.
La « Mémoire de l’Europe » qui s’en dégage est donc double : à la fois une mission et une aventure. Quand il parle de ses missions, c’est la tâche accomplie qui s’inscrit dans la mémoire. Mais cette vie est aussi une aventure, et c’est dès lors le devenir des êtres qui nourrissent les souvenirs. Certains lecteurs porteront peut-être un jugement différent sur tel ou tel épisode de l’histoire, sur telle ou telle description des institutions et des rôles spécifiques de certains hommes politiques, mais la richesse du récit ne laissera personne indifférent. Ceux qui, comme l’auteur, « pensent européen », apprécieront la sincérité de ce témoignage et comprendront en quoi l’histoire qu’il nous propose peut apporter une richesse complémentaire à notre « Mémoire commune ».

Prices

Show Summary Details
Restricted access

CHAPITREVI. L’Europe dans le monde, en Chine et en Asie 87

Extract

87 CHAPITRE VI L’Europe dans le monde, en Chine et en Asie Ouverture de la première ambassade de la CEE à Pékin Je suis arrivé à Pékin le 18 mai 1988, nommé par la Commission comme premier ambassadeur de la Communauté Européenne en Chine. Je me lançais dans cette aventure en réalisant que bien des choses restaient à découvrir pour bâtir une relation stable et une coopération solide avec ce pays. Celui-ci, en effet, allait évoluer du statut de puis- sance régionale à celui de puissance mondiale. En 1975, la Chine avait reconnu la Communauté Européenne, 20 ans avant la Russie. Il y avait eu à ce sujet un échange de lettres entre le ministre des Affaires étrangères Chou En Lai, « le cardinal chinois », et Lord Soames, membre de la Commission européenne. En résumé, les chinois reconnaissaient la Communauté Européenne sur le plan diplo- matique parce qu’ils considéraient que l’Europe pourrait être un contre- poids utile aux États-Unis et à l’ancienne Union soviétique. C’était déjà la doctrine d’un monde multipolaire à laquelle la Chine reste fidèle, comme on a pu le constater à l’occasion de la guerre avec l’Irak. Je me souviens encore de la réflexion de Lord Soames à la lecture de la lettre de Chou En Lai : « C’est bien d’être un contrepoids, encore faut-il être capable de l’être. » C’était un visionnaire. Une semaine plus tard,...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.