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Relire Madeleine Bourdouxhe

Regards croisés sur son œuvre littéraire

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Edited By Cécile Kovacshasy and Christiane Solte-Gresser

Si l’œuvre littéraire de Madeleine Bourdouxhe (1906-1996) a laissé une trace discrète dans l’histoire de la littérature, il n’en reste pas moins que son premier roman, La Femme de Gilles (1937), vit le jour chez Gallimard grâce à l’enthousiasme de Jean Paulhan puis de Raymond Queneau. Simone de Beauvoir jadis et Marie NDiaye aujourd’hui la comptent parmi leurs références.
Trois quarts de siècle après son premier grand succès de librairie, il n’existait toutefois aucun livre consacré à cette œuvre. Réalisée par des spécialistes, cette première étude vient combler une étonnante lacune en présentant des analyses de toutes les œuvres de Bourdouxhe – y compris des textes inédits à ce jour.
Relire Madeleine Bourdouxhe propose des perspectives d’analyses nombreuses et diversifiées. L’ouvrage comporte en outre une biobibliographie exhaustive et répertorie les documents de la romancière conservés aux Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles.

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TROISIÈME PARTIE - THÈMES ET CONTEXTES

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TROISIÈME PARTIE THÈMES ET CONTEXTES Madeleine Bourdouxhe dans la mouvance populiste Jacques DUBOIS Le terme de populisme se charge en politique de connotations fâ- cheuses en ce qu’il évoque un appel au peuple lancé de manière démago- gique par-delà les instances démocratiques en place. En histoire de la littérature, le mot dit bien autre chose et est d’usage plus limité ; il désigne un courant relativement circonscrit apparu en France dans les années 1930 et qui fit du peuple au sens large son objet essentiel de préoccupation et de représentation. La question est de savoir s’il y a lieu d’inscrire Madeleine Bourdouxhe dans ce courant qui, on va le voir, est plus une mouvance fluctuante qu’une véritable école. Elle est aussi de se demander s’il y a pour la romancière quelque profit à être rattachée audit populisme. Mais, pour en venir à cette école populiste, empruntons un détour. Durant l’entre-deux-guerres en France (mais certes en d’autres pays également), le débat était permanent autour de la question de savoir si les écrivains devaient s’engager politiquement et contribuer à la libéra- tion de la classe ouvrière, voire à la révolution sociale. Ce débat voulut que bien des écrivains rejoignent le parti communiste et manifestent leur adhésion à l’idéal figuré par l’Union soviétique. L’une des expressions de ce débat fut sans conteste la volonté de donner vie à une littérature pro- létarienne. En France,...

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