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La construction d’un espace scientifique commun ?

La France, la RFA et l’Europe après le « choc du Spoutnik »

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Edited By Corine Defrance and Ulrich Pfeil

Cet ouvrage a pour objectif d’analyser la contribution des relations scientifiques à la construction de l’espace européen à partir du « choc du Spoutnik » (1957) jusqu’à la mise en place du premier programme cadre européen dans la première moitié des années 1980. Les auteurs s’interrogent sur les convergences et divergences des systèmes scientifiques en Europe et sur les questions de coopération et de concurrence entre les pays de l’Europe de l’Ouest. L’ouvrage met en particulier l’accent sur les évolutions en France et en RFA et sur la « dynamique francoallemande ». Y a-t-il à cette époque une coopération franco-allemande privilégiée ou une impulsion franco-allemande déterminante pour une coopération européenne en matière de recherche et d’enseignement supérieur, alors que la Communauté européenne n’avait encore guère de compétences en la matière ? À la lecture des communications ici rassemblées, il s’avère qu’il faut porter sur le « tandem franco-allemand » un regard plus nuancé, car la compétition, la rivalité, un reste de méfiance et une certaine fascination pour la recherche conduite aux États-Unis s’expriment encore dans les relations entre les deux pays. Entre menace soviétique et défi américain, il s’agit de montrer comment l’espace scientifique et universitaire européen se forme par la conjonction de projets bilatéraux et multilatéraux sur le « vieux continent ».

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Écrire une histoire des relations scientifiques et technologiques franco-allemandes en Europe

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Corine DEFRANCE & Ulrich PFEIL « L’événement qui a le plus désorienté l’opinion publique est le lancement des satellites interplanétaires par l’URSS et nul ne sous- estime l’importance de cette réalisation dont les répercussions seront grandes tant dans le domaine des recherches scientifiques que dans la politique internationale » notait le sous-préfet d’Haguenau dans son rapport trimestriel de l’automne 1957. Le lancement du Spout- nik, par l’Union soviétique, le 4 octobre 1957, fut effectivement un « électrochoc » pour tout l’Occident, alors que la guerre froide battait son plein. Dans la suite de son rapport, le sous-préfet relevait « toute l’inquiétude et la crainte qui s’emparent de la population devant la supériorité technique et militaire de la Russie sur les autres pays et notamment sur les États-Unis […]. Aussi longtemps que les États-Unis n’auront pas rattrapé l’URSS dans ce domaine, Nikita Khrouchtchev poursuivra sa diplomatie de menace et de terrorisme à l’égard du monde libre »1. Le préfet du Bas-Rhin, à Strasbourg, renchérissait sur « la victoire interplanétaire moscovite », déplorait l’attractivité accrue de « l’orbite russe » dans le monde, et en particu- lier auprès des pays non-alignés (il citait expressément le Moyen- 1 Archives départementales [AD]/Bas-Rhin, 544D20, rapport trimestriel de la sous- préfecture de Haguenau, septembre-octobre-novembre 1957, « Situation générale et opinion publique ; questions internationales ». Introduction12 Orient), et le regain d’influence des Soviétiques, alors que « l’affaire de Hongrie » les avait passablement discrédités l’année pr...

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