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La construction d’un espace scientifique commun ?

La France, la RFA et l’Europe après le « choc du Spoutnik »

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Edited By Corine Defrance and Ulrich Pfeil

Cet ouvrage a pour objectif d’analyser la contribution des relations scientifiques à la construction de l’espace européen à partir du « choc du Spoutnik » (1957) jusqu’à la mise en place du premier programme cadre européen dans la première moitié des années 1980. Les auteurs s’interrogent sur les convergences et divergences des systèmes scientifiques en Europe et sur les questions de coopération et de concurrence entre les pays de l’Europe de l’Ouest. L’ouvrage met en particulier l’accent sur les évolutions en France et en RFA et sur la « dynamique francoallemande ». Y a-t-il à cette époque une coopération franco-allemande privilégiée ou une impulsion franco-allemande déterminante pour une coopération européenne en matière de recherche et d’enseignement supérieur, alors que la Communauté européenne n’avait encore guère de compétences en la matière ? À la lecture des communications ici rassemblées, il s’avère qu’il faut porter sur le « tandem franco-allemand » un regard plus nuancé, car la compétition, la rivalité, un reste de méfiance et une certaine fascination pour la recherche conduite aux États-Unis s’expriment encore dans les relations entre les deux pays. Entre menace soviétique et défi américain, il s’agit de montrer comment l’espace scientifique et universitaire européen se forme par la conjonction de projets bilatéraux et multilatéraux sur le « vieux continent ».

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Conclusion

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Alain BELTRAN L’ampleur et la nouveauté de la problématique posée dans les pages qui précèdent rendent la tâche de celui qui doit conclure à la fois difficile, ingrate et fatalement incomplète. Il y a d’abord ce regard croisé entre deux nations qui s’estiment, entre des chercheurs qui ne peuvent faire abstraction du poids de l’histoire et des cultures. Certes il existe une science avec un grand S mais elle se fait aussi au quotidien par des chercheurs et des laboratoires ancrés dans une région, dans un contexte relationnel bien particulier, vers des objectifs qui ne sont pas tous interchangeables. Pour comprendre l’autre, il faut d’abord passer par l’acceptation des différences. Ainsi entre un pays centralisé (de moins en moins, mais on ne refait pas dix siècles d’histoire en trente ans) et un autre à structure fédérale, les chemins de la décision ne peuvent être uniques. S’y ajoute ce qui ne se dit pas : la réputation de l’autre (certains complexes d’infériorité ?), les clichés quelquefois, l’oubli incomplet, le discours politique enfin qui est bâti depuis 1958 sur la réconciliation et une relation forte et spécifique entre l’Allemagne fédérale (puis l’Allemagne tout court) et la France. Dans ce contexte fort qui supposerait une coopération sans faille, les réalités montrées par les différents auteurs soulignent que les résultats furent souvent en-deçà de ce schéma, mais sans qu’on puisse...

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