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Le polyphonisme du roman

Lecture bakhtinienne de Simenon

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Alexandre Dessingué

Il peut, au premier abord, paraître surprenant de vouloir associer l’œuvre de Simenon aux termes de « polyphonisme romanesque » utilisé pratiquement de manière exclusive par Bakhtine dans son analyse de l’œuvre de Dostoïevski.
Simenon est en effet connu, dans le monde entier, pour associer sa production littéraire à la forme stéréotypée du roman policier vouée, dans bien des cas, à un certain conservatisme idéologique et scriptural. L’association entre Bakhtine et Simenon contribue pourtant sur un plan théorique à faire dialoguer les thèses bakhtiniennes avec d’autres traditions littéraires, notamment l’herméneutique et l’école de Constance. Cette association permet également de donner à l’œuvre de Simenon une nouvelle cohérence que l’on ne soupçonnait pas.
À la faveur de cette lecture bakhtinienne, Simenon sort donc de son isolement. Il se trouve ainsi inscrit dans une lignée qui, implicitement, va de Dostoïevski à Camus.

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Conclusion générale

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L’objectif de ce travail était de discuter l’aspect polyphonique d’une partie de l’”uvre de Simenon (le bloc Fayard) à partir de la thèse que Bakhtine, dans La poétique de Dostoïevski, avait nommée le polypho- nisme du roman. Tout en considérant Dostoïevski comme le maître et le créateur du roman polyphonique, Bakhtine ouvre la porte à la contesta- tion dans sa monographie en reconnaissant, d’une part, la présence d’éléments polyphoniques chez d’autres auteurs mais, surtout, en affir- mant, dans un entretien beaucoup plus tardif, que des auteurs comme Camus en particulier ont cherché à instituer les bases d’un nouveau roman dans le sillage de Dostoïevski. Le polyphonisme reprend cette idée de Bakhtine qui conçoit le texte comme le centre d’un phénomène axiologique qui se doit de prendre en compte à la fois l’activité artistique et la sphère auctoriale, mais aussi l’activité esthétique et la sphère réceptive ou lectoriale dans le cadre du texte littéraire. En affirmant cela, Bakhtine s’écarte dès lors de l’attitude « gnoséologique » saussurienne. La polyphonie bakhtinienne n’est pas une notion structuraliste, elle s’applique certes à la langue et au discours mais également aux sujets locuteurs et récepteurs. Ce sont ces trois pôles intimement liés les uns aux autres qui ont constitué la charpente de notre travail. Lounatcharski affirmait que le caractère contradictoire de la person- nalité de Dostoïevski était à mettre en relation avec le...

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