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La circonstance lyrique

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Edited By Claude Millet

« Le monde est si grand, si riche, et la vie offre un spectacle si divers que les sujets de poésie ne feront jamais défaut. Mais il est nécessaire que ce soient toujours des poésies de circonstance, autrement dit il faut que la réalité fournisse l’occasion et la matière. »
C’est en partant de cette fameuse déclaration faite par Goethe à Eckermann que les contributeurs de ce volume ont voulu décentrer l’approche du lyrisme de son sujet à sa circonstance. Soit, étymologiquement, ce qui se tient debout autour du Je, et ce qui lui fournit à la fois son « occasion » et sa « matière ».
Ce travail de décentrement, opéré sur le temps long de l’histoire de la poésie – de Pindare à Jean-Marie Gleize ou Marc Quaghebeur en passant par les chants de croisade, les hymnes et péans des guerres de religion ou encore Francis Ponge et Christian Dotremont – entend ainsi attirer l’attention sur deux dimensions de la poésie lyrique. Sa valeur de performance, en situation. Sa capacité à se saisir de la réalité.

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PREMIÈRE PARTIE. CIRCONSTANCES PUBLIQUES

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PREMIÈRE PARTIE CIRCONSTANCES PUBLIQUES 1. La circonstance ou l’occasion Remarques sur la Troisième Pythique de Pindare Philippe ROUSSEAU C’est aux poètes et grammairiens du Musée d’Alexandrie, on le sait, que remontent la constitution du « canon » et l’édition des ”uvres des poètes lyriques grecs, et notamment le classement des poèmes qui est à l’origine des quatre recueils d’odes triomphales de Pindare conservés dans les manuscrits médiévaux. La part qui revient dans cette entreprise au travail de catalogage et de bibliographie entrepris par Callimaque dans ses Pinakes est sans doute significative, mais les témoignages qu’il est possible de glaner dans ce qui a subsisté des commentaires anciens suggèrent que la réflexion sur la manière de disposer et de ranger les ”uvres s’est poursuivie chez ses successeurs, Aristophane de Byzance, dont le rôle fut considérable, Apollonius l’Eidographe, c’est-à-dire le « classificateur », et Aristarque (Pfeiffer 1968 : 127-134, 181-188, 205, 220). Ces divisions, le rangement des ouvrages sur les rayons de la bibliothèque, et l’organisation des éditions étaient dictés, comme l’indique le surnom d’Apollonius, par des considérations de genre, du type de celles sur lesquelles s’appuie par exemple Platon dans un passage célèbre des Lois (livre III, 700 a ss.). Dans le cas de Pindare, étaient ainsi distingués et répartis en dix-sept livres des hymnes, des péans, des dithyrambes, des prosodia (chants de procession), des parthénées (chants exécutés...

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