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Raymond Aron, penseur de l’Europe et de la nation

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Edited By Giulio De Ligio

À mesure que le temps passe, la pertinence des démarches et des analyses de Raymond Aron se confirme au lieu de s’estomper. Parce qu’il a été le commentateur inlassable des événements, parce que ses livres ont souvent répondu à des situations bien différentes de la nôtre, on a pu penser que son œuvre, à l’exception bien sûr des grands ouvrages théoriques, perdrait de son actualité en raison de l’éloignement des circonstances qui lui avaient donné naissance. C’est le contraire qui se produit. C’est de nous et donc à nous qu’Aron parle encore.
À travers la forme politique propre à l’Europe, la journée d’études du 7 juin 2011, dont est issu cet ouvrage, s’était proposée de dégager la science politique que Raymond Aron nous lègue pour mieux comprendre la condition humaine et la situation présente des pays européens.

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PREMIÈRE PARTIEQU’EST-CE QU’UNE NATION ?

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PREMIÈRE PARTIE QU’EST-CE QU’UNE NATION ? 17 Nature et destin des nations Aron et la forme politique de l’Europe Giulio DE LIGIO Un problème retrouvé La question de la nation ne paraît plus appartenir à l’archéologie des choses humaines, malgré ce qu’on a souvent affirmé pendant quelques décennies sur la place publique ou dans les salles de cours du Vieux Continent. On en fait encore l’expérience, pour ainsi dire, même lorsqu’on perçoit son absence ou celle d’une alternative. C’est le présent temps de troubles qui suggère de l’interroger à nouveau, de méditer ses manifestations historiques et la latitude et la densité de son problème. L’égarement de ces jours est en ce sens celui de ceux qui redécouvrent, moins émerveillés qu’accablés, la condition politique. Raymond Aron, on sait dans quel dialogue révélateur, avait mis en garde contre ce qu’il nomma le « drame du moraliste perdu dans la jungle de la politique1 » avec ses monstres froids, ses tyrannies sédui- santes et ses biens réels mais opaques : pour bien penser « la relation des hommes entre eux », écrivait-il, on ne peut pas se refuser de penser l’entre-deux ou ce qui prend forme entre l’individu et l’humanité, à savoir les institutions, les médiations et les nuances, si je puis dire, qui permettent à la vérité de la vie humaine de s’inscrire dans l’histoire2. Si Aron songeait surtout à l’étude et à la comparaison, à ses yeux néces- saires pour...

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