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Dialogisme : langue, discours

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Edited By Jacques Bres, Aleksandra Nowakowska, Jean-Marc Sarale and Sophie Sarrazin

Comment le discours d’autrui pénètre-t-il mon propre discours ? Comment se marque cette altérité ? Quels outils la langue fournit-elle par lesquels se signifie la pluralité énonciative ? Cet ouvrage apporte des réponses à ces questions en faisant travailler une notion héritée du philosophe du langage russe Mikhaïl Bakhtine (1895-1975) : le dialogisme, que l’on définira comme l’orientation, constitutive de sa production comme de son interprétation, de tout discours vers d’autres discours. Cette orientation dialogique se manifeste sous forme d’échos, de résonances, d’harmoniques, qui font signe vers d’autres discours ; sous forme de voix introduisant de l’autre dans l’un, que l’on étudie à partir des marques linguistiques qu’elles laissent en surface.
Les analyses retenues dans ce travail collectif font travailler la notion de dialogisme à l’articulation de la langue et du discours, à partir de l’hypothèse suivante : si la production du discours est constitutivement orientée vers d’autres discours, alors cette dynamique doit affecter certains outils de la langue elle-même. Ainsi se voient questionnés différents lieux de la grammaire de la langue et du texte : la dislocation, la locution adverbiale un peu, le connecteur non que, l’interrogation en est-ce que, le déterminant démonstratif, les temps verbaux de l’indicatif, la structuration du texte en paragraphes, le titre de presse.

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PREMIÈRE PARTIE. DU DIALOGISME DANS LA GRAMMAIRE

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PREMIÈRE PARTIE DU DIALOGISME DANS LA GRAMMAIRE 15 L’approche dialogique de la dislocation à gauche d’un syntagme adjectival au superlatif relatif Aleksandra NOWAKOWSKA Université de Montpellier 3 – Praxiling UMR 5267 CNRS On se propose de traiter, dans la perspective dialogique, un cas parti- culier d’opération syntaxique de dislocation : la dislocation à gauche d’un syntagme adjectival, dont le degré de « mise en rapport comparatif avec d’autres éléments présentant la même propriété » est au superlatif relatif de supériorité (Riegel et al. 2005 : 364), suivi d’un présentatif c’est et d’un constituant à valeur nominale (SN, complétive, infinitif) : – Le pire, c’était la violence émotionnelle, pas la violence physique – Le pire, c’est que je m’en fous ! – Le pire, c’est de descendre, ce n’est pas de monter. Cette étude constitue le premier prolongement d’un récent travail sur le dialogisme de la dislocation (Nowakowska 2009). La dislocation a suscité une forte production de publications, entre autres : Dupont (1985), Combettes (1998), Neveu (2003), Lambrecht (1994 et 2001), Apothéloz, Combettes et Neveu (2009). Malgré le nombre et la qualité de ces travaux, cette notion pose toujours quelques problèmes tant pour sa définition et sa délimitation que pour l’interprétation de son fonctionnement. La dislocation est définie (Blasco-Dulbecco 1999, Le Querler 2000) comme une construction syntaxique qui consiste à détacher un groupe en tête ou en fin de phrase et à le reprendre ou à l’annoncer par un pronom anaphorique ou cataphorique. La dislocation est une opération...

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