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Les relations culturelles internationales au XXe siècle

De la diplomatie culturelle à l’acculturation

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Anne Dulphy, Robert Frank, Marie Anne Matard Bonucci and Pascal Ory

Longtemps marginalisée, sinon négligée, l’histoire des relations culturelles internationales a désormais droit de cité. En quelques années, la bibliographie s’est considérablement étoffée et les initiatives scientifiques se sont multipliées, en France comme à l’étranger. Ce livre, au croisement des disciplines historiques – histoire culturelle, histoire des relations internationales – synthétise à la fois les réflexions antérieures et les travaux les plus récents. Son objectif est de clarifier les concepts et de proposer des méthodes d’analyse.
Des notions en apparence aussi élémentaires que celles de « relations », d’« échanges » ou de « transferts » culturels méritent une définition rigoureuse. Elles sont ici mises en perspective historique dans un ensemble d’études qui montre les divers degrés de la relation, depuis la plus institutionnelle et la plus volontariste (la diplomatie culturelle) jusqu’aux multiples formes de l’acculturation.
Dans le présent ouvrage, l’étude historique de la relation culturelle passe par une analyse systématique de ses facteurs, de ses acteurs et, bien entendu, de son sens et de ses effets, ce qui suppose une lecture des phénomènes d’hégémonie, des mécanismes d’appropriation et des contenus, qu’ils soient esthétiques ou éthiques. Chacun des processus évoqués est considéré sous l’angle des dynamiques spatiales et temporelles, et propose une périodisation et des grilles d’interprétation.

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Introduction 15

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15 Introduction Pascal ORY Université Paris 1 Tous les historiens se doivent d’être, si peu que ce soit, historio- graphes. On ne saurait aborder intelligemment l’histoire des relations internationales sans avoir présente à l’esprit son évolution historiogra- phique depuis, au bas mot, un siècle. Cette évolution est, désormais, bien connue1. Elle n’est pas sans présenter certaines homologies avec l’histoire générale. À la veille d’une Grande Guerre qui, dans une large mesure, aura été l’apothéose d’une certaine conception desdites rela- tions, l’historien tourné vers l’international reste un historien de la diplomatie, elle-même réduite à sa dimension strictement politique. Dans une telle perspective, les États sont les agents décisifs voire uniques et la guerre est la poursuite de la politique par d’autres (vrai- ment d’autres ?) moyens. La grande secousse de 14/18 conduit une partie des élites intellectuelles occidentales à prendre conscience du rôle des « forces profondes » et, en particulier, des « mentalités »2 dans les processus historiques. Il faudra cependant attendre l’époque de la Guerre froide ou, plutôt, de sa seconde époque, l’époque dite de la Détente, pour que l’historiographie de l’international, au delà de quelques incantations, intègre enfin sérieusement lesdites forces pro- fondes à ses enquêtes. Rien d’étonnant à ce qu’au sommet des courbes des Trente Glorieuses – qui correspond aussi à l’apogée de la lecture économiste de l’histoire – se soit affirm...

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