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Dompter le dragon nucléaire ?

Réalités, fantasmes et émotions dans la culture populaire

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Alain Michel

Technologie qui a créé les armes les plus terrifiantes mais contribue à satisfaire les besoins énergétiques, le nucléaire engendre passions et craintes. Ce livre raconte un siècle de créations enthousiasmantes pour les uns, insupportables pour d’autres, les combats politiques, les grandes manifestations d’opposition et les œuvres de fiction qu’elle a suscités. On y retrouve entre autres les applications délirantes qui ont suivi la découverte du radium, l’opération sans pareille que fut le développement secret de la bombe atomique, l’enthousiasme des constructeurs des premières centrales nucléaires, les manifestations d’opposition parfois festives parfois dangereuses, les tragiques accidents de Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima. On y rencontre aussi les nombreux romans et films que cette épopée engendra : de H.G. Wells aux Simpson, du Syndrome chinois aux James Bond, les auteurs se sont parfois souciés de vérité mais ils ont surtout voulu, en reflétant les anxiétés de la société, créer des histoires captivantes.

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CHAPITRE 5. Une opposition massive mais infructueuse à la course aux armements atomiques (1957-1973)

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71 CHAPITRE 5 Une opposition massive mais infructueuse à la course aux armements atomiques (1957-1973) Les deux faces de l’énergie nucléaire se développent rapidement au cours de cette période : la population manifeste son inquiétude alors que la compéti- tion est intensive entre l’URSS et les USA et que la Chine et la France s’ajoutent au club très fermé de l’atome militaire. Les constructeurs et ex- ploitants de centrales nucléaires civiles entrent dans une phase de compéti- tion industrielle et commerciale. 5.1 Des années de changement de valeurs Une sorte d’euphorie économique règne sur l’esprit des gens en cette fin des années 1950. Les nations européennes tentent d’unir leurs efforts pour développer leur économie à nouveau. Mais les mœurs n’ont pas encore beaucoup changé : dans le milieu bourgeois où je vivais, on écoutait Brassens en cachette de certains parents (qui le jugeaient trop grossier) sur les premiers électrophones portatifs Teppaz. Les « thés dansants » se tenaient encore à 17 h même lorsqu’ils étaient organisés par les cercles d’étudiants, les bals commençaient à 21 h et étaient encore souvent organisés par les familles qui avaient des filles en âge de se marier soit alors vers 18 ans. Les jeunes gens déjà fiancés ou notoire- ment en couple n’étaient d’ailleurs plus invités. La tenue de rigueur dans ces circonstances restait le smoking et la robe de bal. Il est frappant de constater que...

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