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Jean Kobs (1912–1981)

La poésie comme mode de vie et de pensée- Textes réunis et présentés par Laurent Fels

Edited By Laurent Fels

Il aura fallu attendre à la fois le centenaire de sa naissance et le trentenaire de sa mort pour que Jean Kobs sorte enfin du purgatoire littéraire dans lequel l’insensibilité et les servitudes matérielles d’un XXI e siècle l’ont confiné. Et pourtant, celui qui accepte d’entrer par la petite porte dans une œuvre riche de plus de 1600 poèmes l’aura compris : Kobs, par sa sensibilité hors du commun, son érudition et sa fidélité à autrui comme à soi-même ne pouvait demeurer dans les oubliettes de l’Histoire littéraire. Que la poésie de Jean Kobs commence à être présente dans les revues et les anthologies est peut-être dû à l’ironie du sort : si l’époque contemporaine est peu favorable aux créations littéraires, c’est aussi le profond malaise par lequel elle est marquée depuis quelques décennies qui amène certains à chercher dans les milieux artistiques la consolation qu’ils ne sauraient trouver ailleurs. À ceux-là, si peu nombreux soient-ils, la redécouverte de l’art classique, avec ses formes rigoureuses et sa langue châtiée, sert d’échappatoire et restitue, ne fût-ce que sur le plan intellectuel, les structures dont la société moderne se voit privée.

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Avant-propos

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Michel PIRSON Président de la Fondation Kobs – Boulanger Subissant des homélies sans intérêt dans ma petite paroisse rurale, j’appris un jour une nouvelle extraordinaire. Mais oui, extraordinaire, car apprendre que parmi les nombreuses paroisses rurales, il y en avait une qui disposait d’un curé fameux par ses homélies dominicales, c’était à peine croyable. En bon saint Thomas, je me rendis un dimanche à Dave-sur-Meuse dans une petite chapelle. Et là, ce fut l’éblouissement d’entendre l’abbé Jean Kobs, curé de Dave. Ses homélies ressemblaient à des cours de littérature où les écrivains étaient examinés, loués ou voués aux gémonies, le tout dans un style du Grand Siècle. Lorsque l’abbé Kobs quitta cette chapelle pour célébrer les messes dominicales dans l’église de Dave, je le suivis pour boire le suc de ses paroles jusqu’à ce qu’il quittât la cure de Dave pour prendre sa retraite à Wépion-sur-Meuse. En 1980, je commençais à lire dans diverses églises et à la cathédrale de Namur divers textes poétiques, notamment « Le Chemin de la Croix » de Claudel. Jean Kobs me fournissait de très beaux textes illustrés par des diapositives et de la musique classique. Dès 1982, après le décès de notre poète, je lus, d’abord à Dave, et ensuite ailleurs, divers poèmes de Jean Kobs devant des assistances recueillies. Je « donnai » le Requiem de Jean Kobs (une quinzaine de sonnets choisis), accompagné du...

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