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Jean Kobs (1912–1981)

La poésie comme mode de vie et de pensée- Textes réunis et présentés par Laurent Fels

Edited By Laurent Fels

Il aura fallu attendre à la fois le centenaire de sa naissance et le trentenaire de sa mort pour que Jean Kobs sorte enfin du purgatoire littéraire dans lequel l’insensibilité et les servitudes matérielles d’un XXI e siècle l’ont confiné. Et pourtant, celui qui accepte d’entrer par la petite porte dans une œuvre riche de plus de 1600 poèmes l’aura compris : Kobs, par sa sensibilité hors du commun, son érudition et sa fidélité à autrui comme à soi-même ne pouvait demeurer dans les oubliettes de l’Histoire littéraire. Que la poésie de Jean Kobs commence à être présente dans les revues et les anthologies est peut-être dû à l’ironie du sort : si l’époque contemporaine est peu favorable aux créations littéraires, c’est aussi le profond malaise par lequel elle est marquée depuis quelques décennies qui amène certains à chercher dans les milieux artistiques la consolation qu’ils ne sauraient trouver ailleurs. À ceux-là, si peu nombreux soient-ils, la redécouverte de l’art classique, avec ses formes rigoureuses et sa langue châtiée, sert d’échappatoire et restitue, ne fût-ce que sur le plan intellectuel, les structures dont la société moderne se voit privée.

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DEUXIÈME PARTIE. L’OFFRANDE EN DIALOGUES

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DEUXIÈME PARTIE L’OFFRANDE EN DIALOGUES Jean Kobs vu par la critique 49 Avant-propos au recueil Les Roses de la Nuit1 Yves-Gérard LE DANTEC Voici près de quatre ans, je recevais de Belgique un volume très compact, signé d’un nom nouveau pour moi et revêtu de ce titre étran- gement beau : Le Parfum du Silence. À peine l’eus-je ouvert à deux ou trois reprises, au hasard – comme j’ai coutume de faire avant de lire d’affilée –, je ne pus mettre en doute la valeur de ce poète inconnu, mais poète incontestable, mais poète vrai. Une mélodie sourde, lente, encore que, çà et là, flottante, voire pauvre, mais qui me semblait porteuse d’authentiques résonances, de sûrs enchantements. Puis, soudain, succé- dait à des lueurs trop directes ou trop limpides un clair-obscur assez précis pour susciter des secrets imprévus, pour imposer à des tonalités trop nues le sceau du mystère. Ce penchant, je le retrouve aujourd’hui dans le second livre de Jean Kobs, mais enrichi, condensé, raréfié, si j’ose dire, et dans le cadre plus étroit du sonnet et, qui plus est, du sonnet strictement orthodoxe. C’est une vertu que ce choix d’une forme exigeante, choix délibéré du poète ou à lui suggéré par une nouvelle atmosphère mystique où se puissent mouvoir à l’unisson sa pensée et son chant intérieur. Pour ma part, et si je puis me permettre un appel à ma propre expé- rience,...

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