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La destruction dans l’histoire

Pratiques et discours

Edited By Didier Martens, David Engels and Alexis Wilkin

Depuis les origines mêmes de la civilisation, l’expérience de la fragilité de toute création humaine a amené l’homme à essayer de trouver un sens à la possible destruction – volontaire ou naturelle – de ce qu’il aime et de ce qui le fait vivre. C’est autour de ces grandes questions – quelle est l’importance réelle de l’acte destructeur dans l’histoire et dans quelle mesure cet acte est-il présenté, condamné ou légitimé par les contemporains ? – que s’est cristallisé le projet de recherche « La destruction dans l’histoire » mis sur pied, depuis 2009, au sein du centre de recherches SOCIAMM de l’Université libre de Bruxelles, et dont l’aboutissement est le présent volume collectif interdisciplinaire. Il réunit onze contributions consacrées à différentes déclinaisons dans le temps et dans l’espace d’un seul et unique phénomène, celui des destructions volontaires d’objets matériels, et invite à un parcours qui va de la Rome antique jusqu’à Bruxelles à l’aube du XX e siècle.

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La destruction du sacré dans la religion romaine. Comment faire disparaître un mauvais prodige ? - David ENGELS

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41 La destruction du sacré dans la religion romaine Comment faire disparaître un mauvais prodige ?* David ENGELS I. Introduction Dans chaque société humaine, des plus primitives jusqu’aux plus « civilisées », la « destruction » semble être un acte précaire, dangereux, qui doit être endigué, réglementé et canalisé afin de ne pas menacer la cohésion et la stabilité du groupe dont elle émane1 : une fois déclenché, l’acte destructif, se servant pour son accomplissement de l’agressivité inhérente au bagage pulsionnel de l’humain (décrit par Freud, Spielrein, Adler et Jung)2, tend à désinhiber son exécuteur et à faciliter la propaga- tion graduelle de la violence à d’autres exécutants. Il n’est donc pas étonnant que l’acte destructeur soit généralement, d’une part, strictement réduit à certaines situations universellement reconnues comme nécessi- tant (ou excusant) son accomplissement, et d’autre part, que la destruc- tion doive généralement être justifiée rationnellement pour être tolé- rable, l’agressivité destructrice à l’état « pur » étant rare et d’habitude circonscrite dans des environnements guerriers, situés donc bien à l’extérieur de la zone définie comme « patrie », comme cela a si bien dépeint (et idéalisé) Nietzsche3. * Je tiens à remercier en ce lieu ma collègue Françoise Van Haeperen de l’UCL qui m’avait invité à présenter cette contribution comme conférence le 15 mars 2011. Ses questions et réflexions ont été très précieuses pour la finalisation du texte présent. 1 E. Fromm, Anatomie...

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