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La destruction dans l’histoire

Pratiques et discours

Edited By Didier Martens, David Engels and Alexis Wilkin

Depuis les origines mêmes de la civilisation, l’expérience de la fragilité de toute création humaine a amené l’homme à essayer de trouver un sens à la possible destruction – volontaire ou naturelle – de ce qu’il aime et de ce qui le fait vivre. C’est autour de ces grandes questions – quelle est l’importance réelle de l’acte destructeur dans l’histoire et dans quelle mesure cet acte est-il présenté, condamné ou légitimé par les contemporains ? – que s’est cristallisé le projet de recherche « La destruction dans l’histoire » mis sur pied, depuis 2009, au sein du centre de recherches SOCIAMM de l’Université libre de Bruxelles, et dont l’aboutissement est le présent volume collectif interdisciplinaire. Il réunit onze contributions consacrées à différentes déclinaisons dans le temps et dans l’espace d’un seul et unique phénomène, celui des destructions volontaires d’objets matériels, et invite à un parcours qui va de la Rome antique jusqu’à Bruxelles à l’aube du XX e siècle.

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La destruction dans l’Antiquité. Le cas des mises en défense des villes dans l’Empire romain tardif (IIIe -Ve siècles) - Michaël VANNESSE

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69 La destruction dans l’Antiquité Le cas des mises en défense des villes dans l’Empire romain tardif (IIIe-Ve siècles) Michaël VANNESSE À l’époque romaine, la défense des centres urbains a constitué une des principales causes de destructions volontaires et systématiques. À partir du milieu du IIIe siècle, cette réalité s’est fortement accentuée car la recrudescence des raids barbares, après une période de relative tran- quillité, a poussé les Romains à protéger de nombreux établissements. Cet effort de fortification n’a toutefois pas été coordonné, ni à l’échelle de l’Empire, ni par le pouvoir en place, mais il s’est traduit selon des modalités spatiales et diachroniques différentes. Cependant, la littérature scientifique accorde une place restreinte aux destructions qui ont été occasionnées par ces travaux de mise en défense ; elle s’attache en effet à détailler plus longuement, et par commodité, les réalisations architec- turales proprement dites. Elle s’inscrit de la sorte dans une tradition héritée de la Renaissance qui a privilégié la documentation et l’examen des vestiges de tronçons défensifs romains qui étaient parfois conservés sur une grande partie du parcours d’origine. Cet essai vise à entre- prendre la démarche inverse en questionnant prioritairement l’acte de destruction de structures, qui a accompagné les interventions d’érection, de remise en état ou de renfort d’un rempart urbain entre la seconde moitié du IIIe siècle et le milieu du Ve. Il ne saurait...

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