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La destruction dans l’histoire

Pratiques et discours

Edited By Didier Martens, David Engels and Alexis Wilkin

Depuis les origines mêmes de la civilisation, l’expérience de la fragilité de toute création humaine a amené l’homme à essayer de trouver un sens à la possible destruction – volontaire ou naturelle – de ce qu’il aime et de ce qui le fait vivre. C’est autour de ces grandes questions – quelle est l’importance réelle de l’acte destructeur dans l’histoire et dans quelle mesure cet acte est-il présenté, condamné ou légitimé par les contemporains ? – que s’est cristallisé le projet de recherche « La destruction dans l’histoire » mis sur pied, depuis 2009, au sein du centre de recherches SOCIAMM de l’Université libre de Bruxelles, et dont l’aboutissement est le présent volume collectif interdisciplinaire. Il réunit onze contributions consacrées à différentes déclinaisons dans le temps et dans l’espace d’un seul et unique phénomène, celui des destructions volontaires d’objets matériels, et invite à un parcours qui va de la Rome antique jusqu’à Bruxelles à l’aube du XX e siècle.

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Habent sua fata libelli et acta. La destruction de textes, manuscrits et documents au Moyen Âge - Georges DECLERCQ

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129 Habent sua fata libelli et acta La destruction de textes, manuscrits et documents au Moyen Âge Georges DECLERCQ De nos jours, la majorité des textes produits n’ont qu’un caractère éphémère et leur destruction est une affaire de routine. Au Moyen Âge, par contre, la plupart des écrits étaient conçus pour durer. Le scribe qui mettait par écrit un texte sur un support durable comme le parchemin avait en principe l’intention de vouer celui-ci à la pérennité. Comme tout autre objet, l’écrit médiéval était toutefois dès sa production exposé à de nombreux périls. Non seulement il pouvait périr dans des calamités de toute sorte (incendies, guerres, pillages, inondations…) ou se délabrer au cours des siècles (usure, humidité, insectes…), mais on pouvait aussi le détruire volontairement. À ce propos, deux cas de figure sont à distin- guer : ou bien la destruction visait à faire disparaître le texte en tant que tel et alors la destruction par le feu s’imposait comme la méthode la plus efficace ; ou bien on s’intéressait en premier lieu au support de l’écrit afin de le remployer et, dans ce cas, le texte a parfois survécu, du moins partiellement, soit sous forme de palimpseste (parchemin récrit après grattage, ponçage ou lavage de l’écriture originelle), soit sous celle de membra disiecta (fragments de manuscrits et de documents réutilisés pour relier des livres). Notre propos, dans les pages qui...

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