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Invitation au terrain

Mémoire personnel de la construction du projet socio-anthropologique

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Albert Doja

De l’organisation sociale aux discours et pratiques qui construisent la notion de personne chez les Albanais, en passant par les relations interethniques et les dynamiques interculturelles des valeurs morales dans l’ensemble des Balkans, l’auteur trace le parcours de ses recherches sur les processus symboliques qui structurent les identités sociales, les relations de parenté et de genre, ainsi que les idéologies nationales des cultures, des religions et des langages. Méthodologiquement, s’il a dû s’abstraire de sa propre société, comme socio-anthropologue, il a dû faire un effort supplémentaire : après s’en être détaché, il a fallu la pénétrer à nouveau afin de la reconnaître et l’expliquer socio-anthropologiquement. À ce niveau, l’expérience transculturelle souligne une conversion des complications et des incertitudes du travail de terrain vers la stabilité relative de la connaissance socio-anthropologique. L’objectivité expérientielle d’une telle démarche permet de comprendre de façon plus intime la réalité qualitative exprimée dans les frontières symboliques des identités locales, dans une aire culturelle définie comme un champ composite et instructif. En définitive, si la construction identitaire et la dynamique interculturelle sont importantes, une appréhension plus précise et plus rigoureuse de la totalité sociale est obtenue via une nouvelle méthodologie permettant de construire un meilleur modèle d’explication théorique.

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INTERMÈDE : Comment on devient anthropologue

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25 INTERMÈDE Comment on devient anthropologue Lors d’un entretien télévisé sur le métier d’anthropologue, accordé à TV-SCAN, une chaine de télévision nationale en Albanie, en mai 2011, je me suis concentré sur ma trajectoire de parcours personnel afin de tracer en quelque sorte le développement de l’anthropologie dans un pays d’Europe du Sud-Est à l’intersection des traditions d’Europe occidentale et d’Europe orientale. Entre autre, j’ai aussi essayé d’identifier les différentes façons de pratiquer les études folkloriques- ethnographiques qui contrastent avec la pratique contemporaine de l’anthropologie sociale, avec la nécessité résultante d’embrasser la méthodologie anthropologique dans les études albanaises d’aujourd’hui. À l’occasion du Centenaire de la Proclamation de l’Indépendance de l’Albanie, célébré le 28 novembre 2012, une Initiative d’Excellence Albanaise m’a demandé une contribution à un ouvrage commémoratif réunissant les entretiens avec 100 intellectuels considérés comme repré- sentant l’excellence albanaise d’aujourd’hui. Dans ce nouvel entretien je prolonge et j’approfondis les questions liées à l’état des études alba- naises sur l’héritage culturel et l’histoire nationale ou encore le débat entre structuralisme et poststructuralisme, mais aussi d’autres sujets qui se rapportent davantage à la situation de l’institution universitaire albanaise en général dans un cadre comparatif, notamment avec la France, qui met en évidence les cultures académiques contrastées dont j’ai eu l’occasion de faire l’expérience.1 Le débat que j’ai soulevé sur l’évolution historique et politique des différentes traditions...

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