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La phénoménologie à l’épreuve des sciences humaines

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Edited By Bruno Frère and Sébastien Laoureux

Au fondement de cet ouvrage, un constat : les usages croissants de méthodes phénoménologiques en sciences humaines. Depuis plusieurs années en effet, émerge le souci, un peu partout dans les sciences humaines, de rompre avec des approches surplombantes du monde, des espaces, des sujets. Aujourd’hui, la phénoménologie semble être la perspective la plus pertinente pour répondre à cette exigence.
À travers le spectre de leur discipline (sociologie, anthropologie, psychiatrie, psychanalyse, géographie, théorie sociale), des praticiens exposent dans cet ouvrage en quoi ils revendiquent un point de vue et une approche proprement phénoménologiques face à des difficultés que les méthodes usuelles de leurs disciplines respectives ne parviennent pas à surmonter. Pour ce faire, ils ont à la fois recourt à la pratique en livrant des exemples concrets, des « terrains » et des « cas » bien spécifiques, et à la théorie, en exposant leurs univers théoriques de références et en privilégiant certains auteurs phénoménologues.

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La phénoménologie pour un nouveau rapport pragmatiste au monde social - Patrick BAERT

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109 La phénoménologie pour un nouveau rapport pragmatiste au monde social Patrick BAERT University of Cambridge (Traduit de l’anglais par Bruno Frère) Un agenda néo-pragmatiste pour les sciences sociales Il va s’agir, dans ce chapitre, de préciser la nature de l’agenda néo- pragmatiste que nous assignons aux sciences sociales depuis quelques années et qui fut une première fois ressaisi dans Philosophy of the Social Sciences : Towards Pragmatism (Baert, 2005) et quelques autres publications (2006, 2007). Cet agenda néo-pragmatiste change les prio- rités de recherche en sciences sociales. À cette fin, il peut être pertinent de mettre aujourd’hui en relief les liens qui l’unissent à plusieurs auteurs dont les textes s’inscrivent dans la tradition phénoménologique d’E. Husserl. Plus encore : nous pensons que le courant néo-pragmatiste américain a beaucoup à gagner d’une confrontation directe avec E. Levinas, H.-G. Gadamer et J.-P. Sartre. Bien que ces auteurs soient aux premiers abords très différents, ils parlent un langage commun et ont une conception « non représentative » de la connaissance. Ils cherchent chacun à leur manière à faire de la « différence » – telle qu’elle affecte notre façon de penser le monde et de nous penser nous- mêmes – un élément central du questionnement philosophique. Cette nouvelle façon de penser la philosophie de la connaissance sera au centre de notre argumentation. C’est elle qui va nous permettre d’envisager de nouvelles voies théoriques pour les sciences sociales et nous permettre d’installer...

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