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Jacques Laffitte

Roi des banquiers et banquier des rois

Virginie Monnier

Dans un monde où tous les banquiers sont ou ont été négociants et appartiennent à des dynasties parfois fort anciennes, Jacques Laffitte (1767–1844) fait figure d’outsider.
Fils d’un charpentier, il a certes bénéficié des bouleversements sociaux de son époque : il est le premier commis de banque de l’Histoire à avoir succédé directement à son patron, le célèbre Perregaux, tant à la tête de son établissement qu’au Conseil de Régence de la Banque de France ; mais – peut-être parce qu’aucune tradition ne l’entravait – il a su aussi envisager de manière radicalement nouvelle le métier de banquier, et proposer aux élites un regard insolemment novateur sur la gestion des finances publiques.
Son engagement politique découle de son libéralisme, mais là encore il se distingue : banquier de Napoléon qu’il n’aimait pas, opposé à Louis XVIII qui l’avait pourtant nommé gouverneur de la Banque de France, il porta sur le trône Louis-Philippe d’Orléans dont il devint très vite le plus farouche adversaire.
Enfin, en 1837, à 70 ans, avec la création de sa Caisse Générale du Commerce et de l’Industrie, il ouvrit la voie aux grands établissements de crédit tels que nous les connaissons aujourd’hui.

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Épilogue

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Jacques Laffitte n’a plus de descendance en ligne directe. Son petit- fils Napoléon Ney de la Moskowa est décédé à l’âge de 15 ans, en 1852. La même année, sa sœur Églé a été mariée, sans dot, à Victor Fialin, comte puis duc de Persigny, l’un des organisateurs du coup d’État de 1851, qui est alors ministre de l’Intérieur de Napoléon III. Bien qu’Églé ne soit pas un modèle de fidélité conjugale et que Per- signy ait plus du double de son âge, ils auront cinq enfants, un fils et quatre filles. Leur unique petite-fille, Églé Friedmann, aura pour père un mysté- rieux baron Friedland-Freemann et mourra célibataire1. Un roman à clefs d’Octave Mirbeau, La Maréchale2, raconte comment Albine de la Moskowa, son arrière-grand-mère, pourtant millionnaire puisqu’elle avait reçu en héritage, outre plusieurs immeubles à Paris, l’hôtel de la rue d’Artois et le domaine de Maisons, plus de 3 millions de valeurs mobilières3, la laissa emprisonner pour dettes à Saint-Lazare plutôt que de l’aider. Melle Friedmann eut deux frères qui moururent sans alliance. L’un d’eux, Napoléon, avait reconnu trois enfants naturels dont un certain Adolphe, qui fut artiste de cirque et de café-concert. C’est le dernier descendant connu de Jacques Laffitte. De ses nombreuses nièces, on citera Stéphanie, fille de Pierre, qui épousera un neveu du baron Louis, Charles Gaultier de Rigny, receveur gén...

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