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Violence et Vérité dans les littératures francophones

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Edited By Marc Quaghebeur

Douze livres, douze auteurs.
Au centre, donc, douze écritures, en paroles propres avec des facilitateurs. Au final, deux synthèses critiques.
Une formule originale pour accéder aux continents francophones, à leur autonomie comme à leur singularité. Ces témoignages concernent la Belgique ou la Suisse, l’Europe centrale, le Québec, le Congo et le Cameroun, les Antilles ou le Maghreb.
Les conflits israélo-arabes, les séquelles coloniales au Maghreb, l’occupation américaine en Irak, le 11 septembre 2001, la mémoire européenne d’après le génocide, les guerres interafricaines ou les situations postcoloniales dans les Caraïbes y sont évoqués, comme la violence des éléments ou celle de l’univers avec lequel l’homme contemporain tente de rompre.
Quelque chose donc qui est l’Histoire, et qui est plus que l’Histoire telle qu’elle prétend se raconter ou se considérer. Le propre de la littérature n’est-il pas d’y immerger le lecteur à partir de la mise en jeu d’une ou de plusieurs subjectivités ?
Les littératures francophones le laissent entrevoir tout particulièrement.

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DEUXIÈME PARTIE

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55 Rencontre avec Hubert Haddad, Daniel Maximin et Nourredine Saadi1 Catherine PONT-HUMBERT CATHERINE PONT-HUMBERT : Hubert Haddad, votre roman Palestine est violence. J’ai presque envie de dire qu’il n’est que violence. En tout cas, la violence y est immédiate. C’est, par exemple, un homme dont le front est troué d’une balle et dont le corps s’affaisse avec un craquement d’arbre. Nous sommes à la quatrième page du roman. Il y a des lieux où vivre représente une violence. La question qui se pose après avoir lu Palestine est la suivante : pourquoi avoir tenté, dans un roman, parler de cette violence, celle du conflit israélo-palestinien ? HUBERT HADDAD : Le roman ne se limite pas à l’attente tranquille du lecteur. Le roman prend en main la vie dans tous ses états. La violence est partout, gratuite, absurde ou concertée, à commencer par la condi- tion humaine vouée à l’arrachement du néant et à son douloureux retour. Le mouvement en soi est violence, et sa moindre transformation, violence décuplée. Maintenant, il y a la réalité que nous vivons en tant que créatures sujettes à l’Histoire. Le roman en témoigne de mille fa- çons. Parler de la violence, pour la dénoncer, c’est aussi une violence, mais aux enjeux contraires, parfois salvateurs. L’un des objectifs majeurs du roman est le questionnement de toutes les violences qui sont faites aux hommes. Je n’imagine pas un roman dans lequel la question de la violence ne serait pas posée. Même...

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