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Raymond de Becker (1912-1969)

Itinéraire et facettes d’un intellectuel réprouvé

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Edited By Olivier Dard, Etienne Deschamps and Geneviève Duchenne

Du fait de ses fonctions de rédacteur en chef du journal Le Soir dit « volé » entre 1940 et 1943, Raymond de Becker (1912-1969) est inscrit dans la mémoire collective comme un des chefs de file de la collaboration intellectuelle belge.
Ce moment de son itinéraire ne rend toutefois pas compte de l’ensemble du parcours intellectuel, religieux et politique de l’auteur du Livre des Vivants et des Morts (1942). Polémiste redoutable, de Becker s’imposa rapidement comme un des intellectuels les plus en vue de sa génération, à tout le moins dans les milieux catholiques, européistes et « non conformistes ». L’ami d’Henry Bauchau et d’Hergé, mais aussi de Jacques Maritain et d’Emmanuel Mounier, entendait, à l’instar de toute une ggénération traumatisée par la Grande Guerre et par ses conséquences, rénover les cadres d’une société jugée sclérosée par la démocratie parlementaire, le libéralisme et le capitalisme. Après avoir hésité entre contemplation et action, il prit distance avec le catholicisme et s’engagea dans des voies plus politiques. Son intérêt croissant pour les sujets liés à l’unité et à la paix du continent européen alla de pair avec une fascination pour les nouveaux régimes totalitaires, à commencer par celui de l’Allemagne.
Incarcéré à la Libération jusqu’en février 1951, de Becker fut contraint de s’exiler, choisit Lausanne puis Paris. Aux côtés de Raymond Abellio ou de l’équipe de Planète de Louis Pauwels, il poursuivit une activité d’essayiste et de journaliste autour de thèmes comme le cinéma, l’homosexualité, la psychanalyse, le paranormal ou les philosophies orientales.

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Jalons (1912-1969) - Étienne DESCHAMPS et Geneviève DUCHENNE

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13 Jalons (1912-1969) Étienne DESCHAMPS et Geneviève DUCHENNE Université catholique de Louvain Raymond De Becker reste le plus souvent inscrit dans la mémoire collective comme l’un des chefs de file de la collaboration intellectuelle belge durant la seconde Occupation allemande1. Nommé, dès juin 1940, rédacteur en chef du Soir « volé » grâce à deux agents du bureau von Ribbentrop rencontrés avant guerre, Otto Abetz et Max Liebe, il accède – enfin ? – à la notoriété et multiplie les activités : en mars 1941, il fonde les Éditions de la Toison d’Or ; le mois suivant, il est associé au projet de création d’un parti unique des Provinces romanes de Belgique ; en 1942, il devient membre du Conseil politique de Rex… Autant d’activités que la justice militaire belge lui reprochera à la Libération et dont le public se souviendra avec effroi à l’occasion de sa libération anticipée en mars 1951 ou d’un passage sur les ondes de la télévision belge lors d’un relais du programme « Lecture pour tous » de l’ORTF2. Si l’incident contraint le ministre des Affaires culturelles de l’époque à répondre à une interpellation parlementaire, il n’empêchera pas Ray- mond De Becker de réitérer l’exercice. Le 4 septembre 1965, il participe en France à l’émission « À la vitrine du livre » et présente son dernier ouvrage : Les machinations de la nuit. Les rêves dans l’histoire et l’histoire du rêve paru aux Éditions « Planète »3… ............................................................. 1 Cf. Gérard-Libois...

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