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Les Sagas dans les littératures francophones et lusophones au XXe siècle

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Edited By Marc Quaghebeur

Souvent rapprochée de l’épique alors qu’elle s’en différencie singulièrement, la Saga est passée dans le langage commun au point de se voir employée à tous vents, et souvent loin du sens originaire qui est le sien.
Ce volume entend interroger la permanence et les mutations de ce genre dans les champs littéraires francophones et lusophones du XX e siècle.
Il aborde en conséquence les métamorphoses du genre au contact de la société industrielle ; puis les translations qui s’imposent à l’heure de la reprise du module des Sagas par les mondes diasporiques ; enfin, l’alchimie qui voit la mémoire des vaincus s’en emparer également pour les lier à la permanence des dieux mânes.
Contrastes et contradictions de l’Histoire du XX e siècle se révèlent d’autant mieux dans les différents textes commentés dans ce livre qu’ils décalent tous ou réhabitent à frais nouveaux un genre qui plonge dans l’immémorial.

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« Aux dieux mânes »

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255 Inflexions sagaesques dans la littérature brésilienne L’exemple de Vive le peuple brésilien de João Ubaldo Ribeiro Leonor LOURENÇO DE ABREU Université catholique de Louvain (Belgique) Un concept flou La notion de saga présente une très grande plasticité tant du point de vue théorique que méthodologique. Un concept fourre-tout dès lors ? L’acception originaire, consignée dans les dictionnaires courants, définit la saga comme un « récit historique ou mythologique de la littérature médiévale scandinave », contemporain de la matière de Bretagne et du cycle du roi Arthur. Les sagas racontent l’histoire d’un pays, l’Islande, sa conversion au christianisme et surtout les hauts faits et gestes des familles qui ont occupé l’ensemble du territoire, à l’origine des héros fondateurs. Ces sagas ou épopées familiales constituent des récits au caractère réaliste ne comprenant pas d’intervention divine. Régis Boyer signale que les sagas islandaises (XIIe-XIVe siècles) ne sont pas « des textes épiques ou poétiques, mais des récits en prose qui rapportent la vie de personnages dignes de mémoire et de leurs ancêtres ou descendants si nécessaire »1. Ces récits offrent une vision de l’homme, de la vie et du monde, dans un style inimitable. Par extension, le concept désigne les récits légendaires dans d’autres civilisations, en rapport avec les mythes, cycles ou légendes, bref des « dits » ou « contes ». L’acception courante en fait l’histoire...

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