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Penser les frontières européennes au XXIe siècle

Réflexion croisée des sciences sociales

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Edited By Bertrand Vayssière

La frontière n’est jamais innocente et elle n’est jamais (ou quasiment jamais) « naturelle ». C’est un artifice qui a d’abord servi à affermir une souveraineté, et donc un État, le plus souvent contre les autres : en ce sens, l’Europe est le plus couturé de tous les continents, suite à toute une histoire de négociations et surtout de guerres, à tel point que l’on peut évoquer une véritable fragmentation de notre espace, traversé aujourd’hui par environ 14 000 km de frontières. Comment ignorer cette réalité aujourd’hui que l’on « fait » l’Europe ?
La question n’était pas taboue tant qu’on ne parlait que de désarmement douanier, dont le but ultime était la création d’un Marché unique, mais maintenant que ces frontières sont censées ne plus exister entre les États de l’UE au profit d’une seule et même frontière commune qui doit nous définir par rapport au monde extérieur (et, suivant certains, nous protéger contre lui), quel constat s’impose, et surtout quelles propositions apporter ?
Des spécialistes des principales sciences sociales (droit, histoire, géographie, sociologie) tentent ici une réponse, en s’appuyant sur des cas d’étude particuliers, présents ou passés, et en s’aidant de leurs méthodes propres d’investigation.

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Cas d’étude

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119 La frontière des pays roumains avec l’Empire ottoman, frontière de la chrétienté ? (XIVe-XVIIe siècle) Benoît Joudiou Université Toulouse 2 – Jean Jaurès Il peut sembler a priori malaisé de définir une frontière de la chrétienté  dans  l’Europe  du  Sud-Est.  Une  définition  trop  stricte,  reposant  sur  l’appartenance religieuse, n’aurait guère de sens ici. En effet, la chrétienté  orthodoxe est demeurée prépondérante dans la plupart des provinces ottomanes européennes, de la Grèce à la Bulgarie, et bien évidemment  au nord du Danube, dans les principautés roumaines, soumises au sultan  mais  non  occupées.  Une  définition  plus  précise  revêt  un  sens  plutôt  politique  et militaire  :  c’est  la  frontière  entre  l’Empire  ottoman  proprement dit et ses voisins chrétiens. Mais cette frontière pose à son  tour un certain nombre de problèmes.  Les frontières sont fluctuantes et ne reflètent que des rapports de force  temporaires. Mais il y aurait lieu de distinguer deux significations plus  précises. Au sens large, dans le cadre d’un affrontement entre l’Empire  ottoman  et  les  puissances  chrétiennes  –  elles-mêmes  se  présentant  parfois comme les représentantes de toute la « chrétienté » en guerre, les frontières, ou limites de la chrétienté, marquent l’appartenance à un  camp : on distinguera aisément la chrétienté belligérante – la Hongrie, puis l’Empire des Habsbourg, et plus rarement la Pologne – de l’Empire  des Turcs. La seconde d...

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