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Les Amériques au fil du devenir

Écritures de l’altérité, frontières mouvantes

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Edited By Fatiha Idmhand, Cécile Braillon-Chantraine, Ada Savin and Hélène Aji

Il n’est pas si courant de réunir des spécialistes de différentes cultures et littératures des Amériques plutôt habitués à se retrouver dans des manifestations distinctes, selon leur champ de spécialisation et en fonction des langues ou civilisations étudiées, des classements par époques ou courants, tant dans le domaine des littératures que dans celui des autres expressions artistiques.
Interroger ainsi ce qu’on pourrait appeler « les littératures des Amériques » comme ensemble soumis conjointement aux regards critiques de spécialistes des Nords et des Suds américains ne va donc pas de soi et n’est pas chose commune dans le domaine de la recherche en sciences humaines. Les travaux réunis dans cet ouvrage veulent nous situer au cœur de la bibliothèque évoquée par Jorge Luis Borges dans ses Ficciones, dans l’Univers du Multiple dans l’Un, dans la grande archive de la littérature, pour la comprendre autrement, dans sa complexité et ses mouvements.
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En lisant en écrivant Wakefield, Nathaniel Hawthorne, Jorge Luis Borges et Eduardo Berti

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Stéphanie CARREZ

Université François Rabelais, Tours

Selon Jorge Luis Borges, l’enseignement de l’histoire des lettres américaines doit commencer par l’étude de Nathaniel Hawthorne ; en 1949, il lui consacre donc un cours au Colegio Libre de Estudios Superiores de Buenos Aires qui sera repris en 1952 sous la forme d’un essai d’une vingtaine de pages dans Autres Inquisitions. Parmi les textes qu’il choisit de commenter, une nouvelle l’a particulièrement « bouleversé » : il s’agit de « La singulière histoire de Wakefield »1. Cette nouvelle que Nathaniel Hawthorne a publiée au début de sa carrière d’écrivain, en 1835, avant de l’inclure dans son premier recueil de nouvelles, Twice-Told Tales, en 1837, Borges la résume en quelques lignes :

Un Anglais qui sans le moindre motif abandonna sa femme pour se loger derrière chez lui, et là sans que quiconque le soupçonne, resta caché vingt ans. Durant cette longue période, il passa chaque jour devant sa maison, ou la regarda du coin de la rue, et il aperçut souvent sa femme. Quand on le donna pour mort, quand depuis longtemps sa femme s’était résignée au veuvage, l’homme, un jour, ouvrit la porte et entra. Simplement, comme s’il s’était absenté quelques heures. (Il fut, jusqu’à sa mort, un époux exemplaire.)2

La nouvelle a également inspiré Eduardo Berti, écrivain né en Argentine en 1964, traducteur des œuvres de Nathaniel...

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