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Quand le social vient au sens

Philosophie des sciences historiques et sociales

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Johann Michel

Quand le social vient au sens ouvre un dialogue novateur entre philosophie et sciences sociales et historiques, à la croisée de la tradition socio-phénoménologique héritée de l’œuvre pionnière de Schütz et de la tradition herméneutique de Dilthey à Ricœur. Un même fil conducteur parcourt la trame du livre : seule la « voie longue » de l’herméneutique, en reconnaissant la doublure de l’acte d’interpréter (à la fois comme pratique ordinaire au plan anthropologique et comme activité scientifique au plan épistémologique), peut se coordonner avec les réquisits d’une sociologie phénoménologique du monde-de-la-vie. L’ouvrage offre, sous ce cadre, toute une palette de réflexions qui concernent aussi bien l’épistémologie de l’histoire que la sociologie des institutions et l’anthropologie sociale du soi. Dans ce mouvement de va-et-vient entre réflexivité sur les sciences humaines et réflexivité des agents ordinaires sur leurs actions, l’auteur confronte en même temps l’herméneutique avec d’autres auteurs (Weber, Goffman, Foucault, Boltanski, Strawson, etc.) et autant de traditions correspondantes (positivisme, sociologies pragmatistes et pragmatiques, philosophie analytique).
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Chapitre 1. Le sens des institutions

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C’est de nouveau avec Paul Ricœur que nous souhaiterions entamer cette seconde partie de notre ouvrage, quitte à nous en éloigner par la suite, pour autant que la méthode de la dérivation indirecte qu’il a mise sur pied dans le cadre de sa réflexion sur l’histoire peut s’étendre, sous certaines conditions, à d’autres sciences sociales. Paul Ricœur n’a pourtant jamais écrit de livre sur les institutions en général. La seule exception pour laquelle la notion d’institution apparaît en toutes lettres au moins en tête de section, à défaut de constituer un chapitre thématique ou une étude à part entière, se situe dans Soi-même comme un autre, lorsque Ricœur parle des « institutions justes ». En première approximation donc, les institutions devraient constituer un thème marginal dans l’œuvre prolifique du philosophe. En réalité, rien n’est plus faux. Une lecture plus approfondie nous enseigne plutôt que Ricœur est l’un des grands penseurs contemporains de l’institution, bien qu’il n’ait pas consacré, à la différence par exemple de Castoriadis ou de Descombes, d’études systématiques à ce thème. On peut cependant tenir les articles rassemblés dans Lectures 1 et dans les deux tomes du Juste comme des contributions importantes à une réflexion sur les institutions politiques et judiciaires, sans que cela débouche toutefois sur une méditation sur le phénomène institutionnel en général. La réflexion sur les institutions constitue une sorte...

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