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Quand le social vient au sens

Philosophie des sciences historiques et sociales

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Johann Michel

Quand le social vient au sens ouvre un dialogue novateur entre philosophie et sciences sociales et historiques, à la croisée de la tradition socio-phénoménologique héritée de l’œuvre pionnière de Schütz et de la tradition herméneutique de Dilthey à Ricœur. Un même fil conducteur parcourt la trame du livre : seule la « voie longue » de l’herméneutique, en reconnaissant la doublure de l’acte d’interpréter (à la fois comme pratique ordinaire au plan anthropologique et comme activité scientifique au plan épistémologique), peut se coordonner avec les réquisits d’une sociologie phénoménologique du monde-de-la-vie. L’ouvrage offre, sous ce cadre, toute une palette de réflexions qui concernent aussi bien l’épistémologie de l’histoire que la sociologie des institutions et l’anthropologie sociale du soi. Dans ce mouvement de va-et-vient entre réflexivité sur les sciences humaines et réflexivité des agents ordinaires sur leurs actions, l’auteur confronte en même temps l’herméneutique avec d’autres auteurs (Weber, Goffman, Foucault, Boltanski, Strawson, etc.) et autant de traditions correspondantes (positivisme, sociologies pragmatistes et pragmatiques, philosophie analytique).
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Chapitre 1. L’aveu et le témoignage. Deux paradigmes du sujet

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Deux paradigmes du sujet1

Si une philosophie du sujet, sous ses variantes métaphysiques ou idéalistes, peut sembler hors de portée, a fortiori dans son intention cartésienne initiale, on se propose ici de frayer à voie à deux problématisations inédites du soi qui se construisent sur les ruinent du Cogito. Sous une modalité herméneutique ricœurienne, le déplacement s’opère dans la substitution du couple conceptuel épistèmè/doxa par le couple attestation/soupçon : l’attestation se présente bien comme une sorte de croyance, qui ne se dit pas dans la grammaire doxique du « je crois-que » mais dans la grammaire herméneutique du « je crois-en ». Le témoignage en est la forme paradigmatique. Sous une modalité « archéologique » foucaldienne, le problème n’est pas de savoir sous quelles conditions un énoncé est vrai, mais de savoir comment les sujets sont effectivement liés dans et par des formes historiques de véridictions. Il s’agit d’analyser les formes d’institutions discursives qui enjoignent le sujet à dire le vrai sur lui-même. L’aveu en est la forme paradigmatique.

Notre propos ne se présente pas exactement comme une confrontation entre Ricœur et Foucault2 : cela tient au site philosophique radicalement hétérogène à partir duquel Ricœur et Foucault accentuent le sens du déplacement du rapport entre subjectivité et vérité. Le déplacement herméneutique ricœurien s’inscrit encore dans le cadre de la philosophie réflexive, fût-ce pour le...

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