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Quand le social vient au sens

Philosophie des sciences historiques et sociales

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Johann Michel

Quand le social vient au sens ouvre un dialogue novateur entre philosophie et sciences sociales et historiques, à la croisée de la tradition socio-phénoménologique héritée de l’œuvre pionnière de Schütz et de la tradition herméneutique de Dilthey à Ricœur. Un même fil conducteur parcourt la trame du livre : seule la « voie longue » de l’herméneutique, en reconnaissant la doublure de l’acte d’interpréter (à la fois comme pratique ordinaire au plan anthropologique et comme activité scientifique au plan épistémologique), peut se coordonner avec les réquisits d’une sociologie phénoménologique du monde-de-la-vie. L’ouvrage offre, sous ce cadre, toute une palette de réflexions qui concernent aussi bien l’épistémologie de l’histoire que la sociologie des institutions et l’anthropologie sociale du soi. Dans ce mouvement de va-et-vient entre réflexivité sur les sciences humaines et réflexivité des agents ordinaires sur leurs actions, l’auteur confronte en même temps l’herméneutique avec d’autres auteurs (Weber, Goffman, Foucault, Boltanski, Strawson, etc.) et autant de traditions correspondantes (positivisme, sociologies pragmatistes et pragmatiques, philosophie analytique).
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Chapitre 3. De la substitution narrative

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Nous souhaiterions au cours de ce chapitre terminal nous attarder sur une forme particulière d’incapacité qui altère le pouvoir intime d’être soi : l’incapacité narrative. Cette étude part du principe, que nous allons mettre en discussion, selon laquelle il y a une relation étroite entre identité et narration. Cette thèse a reçu un accueil favorable dans la philosophie contemporaine à l’appui notamment des travaux de Ch. Taylor1, d’A. MacIntyre2 ou de Paul Ricœur3 qui ont donné lieu à une reformulation de l’identité dans un sens narratif ; que l’on parle par exemple d’unité narrative d’une vie ou d’identité narrative. Ces réflexions, bien que novatrices, font cependant échos aux méditations herméneutiques plus anciennes d’un Dilthey sur la « connexion de la vie ». L’importance accordée aux récits de vie a connu en même temps un développement considérable dans le champ des sciences humaines et sociales à mesure que déclinaient les paradigmes à dominante structuraliste et fonctionnaliste et que renaissait le sujet comme acteur social. Il est vrai cependant que le récit de vie est plutôt mobilisé en sciences sociales comme technique d’enquête qualitative (comme alternative aux enquêtes quantitatives de type statistique). Or, ce qui nous importe ici est le récit de vie comme technologie de soi et plus précisément comme technologie narrative de soi.

C’est contre cette position narrativiste jugée dominante que le philosophe britannique Galen Strawson a écrit un article décisif – against...

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