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Les zouaves pontificaux en France, en Belgique et au Québec

La mise en récit d’une expérience historique transnationale (XIXe – XXe siècles)

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Bruno Dumons and Jean-Philippe Warren

Le bataillon des zouaves pontificaux est créé le 1er janvier 1861 et devient régiment au 1er janvier 1867. Il est constitué d’environ 10 000 volontaires, issus de 25 nationalités différentes, qui seront licenciés le 21 septembre 1870.
Une fois le conflit terminé, de nombreuses associations d’anciens zouaves sont créées au retour des soldats et des journaux liés à ces associations sont fondées. Des rassemblements et des réunions cherchent à perpétuer le souvenir des faits d’armes des combattants démobilisés tandis que plusieurs monuments en célèbrent l’héroïsme.
Un véritable imaginaire prend forme à la fin du XIXe siècle. Appartenant à cette internationale « blanche », d’essence contre-révolutionnaire, les anciens volontaires élaborent le mythe du croisé moderne, du martyre et du héros catholique. C’est ici l’imaginaire construit autour des zouaves pontificaux que ce livre se propose d’explorer. Il entend poser des jalons pour mieux comprendre la structuration des réseaux de zouaves, leur idéal de chrétienté, leur description d’un « croisé du Christ », leur identité comme groupe et leur quête de légitimité religieuse et sociale, voire politique.
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Les zouaves québécois et la quête d’une virilité franco-catholique dans l’Empire britannique

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Ollivier HUBERT

J’aimerais situer l’histoire des zouaves québécois à l’intérieur d’un contexte volontairement détachée des ancrages historiographiques qui la rapprochent de la question romaine. Depuis la conquête de la Nouvelle-France par la couronne britannique au XVIIIe siècle, les Canadiens français étaient plongés dans une difficulté identitaire et politique : comment se faire reconnaître comme égaux dans l’Empire britannique tout en demeurant différents ? Revendiquer une identité nationale particulière signifiait en effet s’exposer à être classé, parmi les nations abritées par l’Empire, dans une situation d’infériorité par rapport aux ethnies authentiquement britanniques. Sur le plan culturel, les élites québécoises ne renoncèrent cependant pas au rêve de la reconnaissance dans l’altérité. Or la culture militaire, du fait de l’importance des guerres impériales précisément, était devenue un aspect central de l’ordre symbolique britannique. En me basant en particulier sur les archives des collèges franco-catholiques pour garçons, j’aimerais donc émettre l’hypothèse que l’aventure des zouaves représente un exemple de cette quête canadienne pour la légitimité culturelle à l’intérieur de l’espace des représentations britanniques de la puissance. Les élites y virent un moyen de promouvoir l’idée selon laquelle la virilité britannique, symbolisée par une jeunesse idéaliste, vertueuse, conquérante et martiale, pouvait aussi être catholique et francophone.

Tout évènement peut être inscrit par l’historien à l’intérieur d’une multitude de trames...

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