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Les zouaves pontificaux en France, en Belgique et au Québec

La mise en récit d’une expérience historique transnationale (XIXe – XXe siècles)

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Edited By Bruno Dumons and Jean-Philippe Warren

Le bataillon des zouaves pontificaux est créé le 1er janvier 1861 et devient régiment au 1 er janvier 1867. Il est constitué d’environ 10 000 volontaires, issus de 25 nationalités différentes, qui seront licenciés le 21 septembre 1870.
Une fois le conflit terminé, de nombreuses associations d’anciens zouaves sont créées au retour des soldats et des journaux liés à ces associations sont fondées. Des rassemblements et des réunions cherchent à perpétuer le souvenir des faits d’armes des combattants démobilisés tandis que plusieurs monuments en célèbrent l’héroïsme.
Un véritable imaginaire prend forme à la fin du XIX e siècle. Appartenant à cette internationale « blanche », d’essence contre-révolutionnaire, les anciens volontaires élaborent le mythe du croisé moderne, du martyre et du héros catholique. C’est ici l’imaginaire construit autour des zouaves pontificaux que ce livre se propose d’explorer. Il entend poser des jalons pour mieux comprendre la structuration des réseaux de zouaves, leur idéal de chrétienté, leur description d’un « croisé du Christ », leur identité comme groupe et leur quête de légitimité religieuse et sociale, voire politique.
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Les soldats de la mémoire. Les représentations des zouaves pontificaux en Belgique de 1862 à aujourd’hui

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Les représentations des zouaves pontificaux en Belgique de 1862 à aujourd’hui

Cécile VANDERPELEN-DIAGRE

Le but de cet article est d’interroger la manière dont le monde catholique a construit l’histoire de la défense de l’État pontifical entre 1860 et 1870 par les zouaves pontificaux afin d’en faire, plus qu’un événement historique, un mythe. Ici, il s’agit bien de la construction d’un mythe, dans le sens qu’en a donné Philippe Borgeaud : « une histoire traditionnelle ou devenue telle, qui ne soit pas ou plus reconnue comme l’intention d’un individu, mais comme appartenant à la mémoire d’une communauté, d’une collectivité, d’une société »1. Cette construction a cela de particulier, en effet, qu’elle est fabriquée à usage interne. Au fil du temps qui passe, les catholiques qui l’élaborent ne cherchent pas à se souvenir ou à commémorer la supposée victoire de leur clan contre un autre (comme ça a pu être le cas pour l’Affaire Dreyfus par exemple). Bien qu’évidemment les zouaves se soient opposés à des adversaires bien identifiés, la mise en scène du combat contre l’ennemi n’est pas au cœur des récits qui racontent l’événement. L’essentiel repose dans la narration sans cesse recommencée des exploits et du courage du régiment et de ses soldats. Ici, la vocation mythique n’a que faire de la mise en opposition des rivaux.

Les écrits de...

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